Bienvenue à tous ceux qui aiment lire ...

Lire, pour moi, c'est échapper au quotidien tout en restant proche des hommes et de leurs réalités ...

samedi 29 juin 2013

Persécution d'Alessandro Piperno

Sélection du prix des lecteurs du Livre de poche 2013
trad de l'italien Fanchita Gonzalez Batlle, 2010, 7,90€,498 p.
Les personnages ne m'ont pas intéressée, je ne suis pas entrée dans l'histoire et j'ai eu l'impression de lire du blabla ... Alors, j'ai refermé ce roman et l'ai rangé sur une étagère, au purgatoire ;o)
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vendredi 21 juin 2013

Seul l'avenir le dira de Jeffrey Archer

Selection du prix des lecteurs du Livre de Poche 2013
trad. Georges-Michel Sarotte, 2011, 542 p., 8€10
Les uns sont beaux, intelligents, intègres, travailleurs mais pauvres. Les autres moins beaux, moins intelligents, moins travailleurs mais très riches et parfois perfides. Leurs valeurs communes : l'amitié et l'honneur de leur famille ...
Voilà un monde un peu trop caricatural qu'habitent des héros ou bisounours ou machiavéliques !
On fait ce qu'on peut, on essaie d'y croire et on a quand même envie de savoir ce qui leur arrive. Mais au fond, le cœur n'y est pas et la dernière page tournée, on s'empresse de tout oublier de ce roman à l'emporte-pièce qui hésite entre guimauve et drame social.
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La fille tombée du ciel de Heidi W.Durrow

trad. Marie de Prémonville, livre de poche, 2011, 283 p., 6€60
Sélectionné pour le prix des lecteurs du Livre de Poche 2013
Il m'a fallu un peu de temps pour entrer dans ce court roman intimiste qui se situe au début des années 80.
L'héroïne, Rachel, est métisse aux yeux bleus, de mère danoise et de père américain. Noir américain.
Quand Roger a commencé à boire plus que de raison, quand il a mis le feu à la maison et que son fils aîné en est mort, sa femme, la mère de Rachel, l'a quitté. Mais elle n'a pas de chance et son nouvel ami, lui aussi, s'adonne à la boisson ... Comment faire pour protéger ses enfants ?
Rachel va mettre longtemps à comprendre la décision de sa mère et celle de son père, elle va découvrir dans la douleur qu'elle est noire, qu'il n'est pas facile à une femme noire de se construire un avenir, elle va rejeter les choix de sa grand mère, va découvrir l'amour et le sexe et, de petite fille modèle, va devenir femme.
Le passage à l'âge adulte d'une enfant malmenée par la vie qui cherche à construire ses propres repères. Très beau.
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jeudi 13 juin 2013

Le Turquetto de Metin Arditi

Actes Sud, 2011, 19,50€, 290 p.
Intéressante histoire que celle de ce jeune juif de Constantinople, né en 1519, dans une ville alors entièrement musulmane.
Son père, employé du marché aux esclaves (un des quelques métiers autorisés aux juifs),  meurt  et Elie, désormais seul au monde, passionné de dessin mais à qui sa religion en interdit totalement la pratique, décide de s'enfuir à Venise.
Là, protégé par son anonymat, il commence une nouvelle vie et étudie la peinture librement en se faisant passer pour  un grec venant de Turquie. Ce qui lui vaut le surnom de "Turquetto".
Il peint dans l'atelier du Titien, épouse la fille simplette d'un riche notaire vénitien grâce à qui il obtient des commandes, devient célèbre, riche, ouvre ses propres ateliers et travaille sans discontinuer pour les particuliers et l'église.
Cachant soigneusement sa judaïté, il est cependant heureux puisqu'il peint, jusqu'au jour où il prend une maîtresse juive ...
Metin Arditi réussit une description vivante de Venise au 16e siècle, antisémitisme, pauvreté du peuple, arbitraire et toute puissance de l'église catholique, rivalités et embrouilles politiques d'un côté ... de l'autre, amour de l'art, désir d'épanouissement, de survie des êtres humains dans leur superbe diversité.
Le style très fluide porte le roman et l'histoire de ce peintre passionné, histoire qui parait tellement crédible qu'on se prend parfois à croire qu'il a réellement existé !
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mercredi 5 juin 2013

Que deviennent les enfants quand la nuit tombe ? de Jean-Paul Nozière

Editions Thierry Magnier, 2013, 14,50€, 259 p.
C'est un joli roman que nous livre JP.Nozières, une histoire bien ficelée, sous forme d'enquête presque policière, en relation avec des faits réels et récents de notre histoire de France :
"Entre 1963 et 1980,  environ 1600 enfants et adolescents réunionnais ont été envoyés en France, particulièrement dans les départements  alors pauvres, touchés par l'exode rural : la Corrèze, le Gers, la Lozère ... (rapport de l'IGAS, Inspection Générale des Affaires Sociales, 2002).
On a pu parler d'enfants volés, enlevés souvent illégalement à leurs parents, sous prétexte de leur assurer un meilleur avenir ... alors qu'ils 'agissait surtout de repeupler certains départements et de diminuer la pression démographique jugée trop forte sur l'île de la Réunion."
Le récit alterne le témoignage d'un enfant enlevé, maintenant adulte et l'enquête que mène Bertille, de nos jours, après la découverte d'un petit squelette dans la ferme que ses parents viennent d'acheter.
On suit aisément les péripéties des enfants réunionnais à travers les investigations de Bertille et le témoignage ; le style est net, simple, adapté à des élèves de collège (6e/5e bons lecteurs, 4e).
Moment d'émotion à la fin.

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lundi 27 mai 2013

Le garçon d'à côté de Katrina Kittle

trad. Nathalie Barrié, Le livre de poche,2012, 571 p., 7€90
Sélection pour le prix des lecteurs du livre de poche 2013
Un très beau roman qui m'a tenue en haleine et émue tout le long !
Sarah vit seule avec ses deux fils depuis la mort de son mari, 5 ans auparavant. Un jour de pluie, elle prend en voiture Jordan, le fils de sa voisine et amie, Mme Kendricks, pour l'amener à l'école. Descendu de l'auto pour une "urgence", l'enfant d'une dizaine d'année, tente de se suicider dans les toilettes de la station service ... Sarah l'amène en urgence à l'hôpital. Elle découvre alors que Jordan est victime d'abus sexuels de la part de ses propres parents ... Sarah et ses 2 fils, Nate et Danny, vont tenter d'aider Jordan, remettant parfois leur propre équilibre familial et personnel en question.
L'auteure a choisi de présenter le récit en alternant les points de vue, les narrateurs font tous parti de l'entourage qui n'a absolument rien perçu. En y repensant, tous auraient dû comprendre, auraient dû voir ! Mais les parents Kendricks étaient médecins, sympathiques, beaux ... parfaits.
La voix de Jordan s'élève aussi et K.Kittle sait nous faire ressentir ses peurs et nous décrire la confusion qui règne dans son esprit.
Beaucoup de qualités pour ce roman, dont la première qui me vient à l'esprit est la construction du récit : apparition des personnages, portraits et mise en place des situations s'enchaînent comme autant de rouages parfaitement agencés qui tiennent en haleine. Chaque détail est utile et précis. Cette cohérence donne au roman de la profondeur et du réalisme, confortés par la subtilité dans la description des sentiments.
Tous les aspects de ce cas de pédophilie sont pris en compte, tant du point de vue psychologique que du point de vue sociétal et judiciaire à travers des personnages profondément crédibles.
Un récit passionnant et poignant auquel la générosité de certains personnages donne un plus d'âme.
Un coup de cœur pour moi, une lecture qui me parait être indispensable aux enseignants !
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dimanche 19 mai 2013

Le jeu des hirondelles de Zeina Abirached

Ed. Cambourakis, 2007, 20€, 186 p.
Une BD tout en noir et blanc, très stylisée, au dessin très décoratif qui m'a rappelé Marjane Satrapi (en inversant le contraste : le fond est noir au lieu de blanc) ... Peut être trop, cela m'a gênée au début, car il n'y a pas que le graphisme. Le contenu fait aussi penser à Persépolis (l'Histoire vu du point de vue d'une enfant) bien que les lieux et l'époque diffèrent !
Zeina Abirached raconte quelques anecdotes sur Beyrouth dans les années 80, la vie quotidienne, les peurs, les bombardements, les relations de voisinage, l'affection dans la famille, du point de vue de l'enfant qu'elle était à l'époque. Un point de vue qui s'attache aux détails de la vie, aux petites choses qui reflètent les sentiments importants.
La BD se lit fort agréablement et on y découvre beaucoup de choses sur la vie dans un pays en guerre.
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vendredi 3 mai 2013

Et puis, Paulette ... de Barbara Constantine

Sélection du prix des lecteurs du livre de poche 2013
2012, 280 p., 6€60
Barbara Constantine est Barbara Constantine. A nulle autre pareille, farfelue, généreuse, follement optimiste, charmante ... Au fil de ses romans, elle n'arrête pas de nous rappeler combien il faudrait vivre AVEC les autres, combien cela nous rendrait la vie plus facile, combien nous serions plus heureux. Et bien sûr, cela parait trop simple, trop irréalisable mais comme ça fait du bien d'y croire ne serait-ce que le temps d'une lecture.
Alors, ne vous en privez pas, allez rêver du côté de Guy, Fernand, Marceline et les autres, prenez une goulée d'air revigorant, riez, pleurez, amusez vous et surtout ne boudez pas votre plaisir !
Après tout, on ne sait jamais, Barbara Constantine pourrait avoir raison ... le bonheur se trouve peut être vraiment dans le partage et la générosité ;o)
PS : Se rappeler de s'inspirer du roman dans la vie quotidienne.
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jeudi 25 avril 2013

Tout ce que nous aurions pu être toi et moi si nous n'étions pas toi et moi d'Albert Espinosa

trad. Christilla Vasserot, le livre de poche, 2010, 6,60€, 213 p.
Sélection prix des lecteurs du livre de poche 2013
Curieux petit roman autour de la vie et de la mort, qui finit par ce que nous aimerions tous pouvoir vivre !
L'être humain cherche affection et amour toute sa vie, dur labeur que la mère de Marcos s'ingénie à lui enseigner avec brio. Quand elle décède, Marcos se sent abandonné et perdu mais son "don" (il voit les mauvaises actions et les bonnes dans l'esprit de chacun) va le mettre face à une révélation étonnante ...
Que d'imagination chez cet auteur qui est lui même passé si près de la mort.
Pour ceux qui ont la fibre philosophe !
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vendredi 22 mars 2013

La nuit tombée d'Antoine Choplin

La fosse aux ours, 2012, 16€, 121 p.
Gouri revient sur les lieux de son ancienne vie, quand la centrale nucléaire de Tchernobyl n'avait pas encore contaminé toute la région, maintenant interdite et déserte.
Il désire aller à Pripiat, ville totalement abandonnée, pour récupérer dans son ancien appartement, la porte de la chambre de sa fille où il avait gravé sa taille à chaque anniversaire ... Ksénia est gravement malade.

A la description des environs désolés, abandonnés des humains, dévastés par les pillards, répondent en écho les vies brisées et reconstruites tant bien que mal de tous ceux qui ont dû partir en laissant là une part d'eux mêmes, leurs souvenirs, ce qu'ils avaient bâti. Poignant.
C'est un très beau roman, empreint de simplicité et d'émotion. Les phrases courtes rythment un récit au présent, sans chichis, sans sophistication, riche en sentiment brut, qui montre à petites touches la vie quotidienne, les détails du désespoir, la nature en souffrance ... heureusement, restent encore la générosité et la solidarité des anciens habitants.
Malgré un sujet bien lourd, l'auteur nous offre de l'émotion sans pathos, de la belle émotion.
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mardi 19 mars 2013

Vida de Patricia Engel

trad. Marie de Prémonville, livre de poche, 2010, 6€10, 185 p.

Livre sélectionné pour le prix des lecteurs du livre de poche 2013.
Les parents de Sabina ont émigré de Colombie et sont venus s'installer en Floride.
A l'école, les enfants appelaient Sabina "l'indienne" ou "chocolat". Période révolue, elle se sent américaine à tel point que, quand la famille retourne en Colombie, elle n'a qu'une hâte c'est d'en repartir.
Sa jeunesse ressemble à la jeunesse d'une américaine type, sorties, petits copains puis petits boulots.
Elle croise Vida, une colombienne arrivée aux USA par le biais de la prostitution et qui s'en est sortie comme elle a pu. Vida a déjà vécu cent vies et rêve de retourner chez ses parents en Colombie, pour échapper à ce passé qui la dévaste. Ce rêve, rentrer en Colombie, la maintient en vie comme son prénom "Vida" le suggère !
Sabina, elle, parait déjà fatiguée de vivre, revenue de tout et sans attente particulière vis à vis des autres. Les petits copains se succèdent ainsi que désillusions et échecs.
Ce manque d'enthousiasme, cet abandon au sort du personnage principal m'ont pesé mais ils sont le reflet d'une jeunesse désemparée.
Une lecture néanmoins intéressante. 
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Silhouette de Jean-Claude Mourlevat

Gallimard, coll. Scripto, 220 p., 9€, 2013
Très joli recueil de nouvelles principalement "à chute", toutes bien cruelles et bien noires, avec parfois une pointe d'humour ou de tendresse. Mais vraiment une pointe !
Dans la tradition des nouvelles à la Roald Dahl, toutes finissent mal ou sur un sentiment désagréable et célèbrent ainsi la dureté de la destinée humaine tout en soulignant la bassesse d'âme de certains …
Naufrage de la vieillesse, haine et vengeance, humiliations diverses, remords, folie de la violence …
Ceux qui cherchent du réconfort devront passer leur chemin !
En expert de l'âme humaine, JC Mourlevat sait que cette vision amère de l'homme servira égoïstement à ses lecteurs pour se rassurer sur eux mêmes. Les retournements de situation s'y ajouteront pour rendre la lecture aussi délectable qu'une tasse de thé accompagnée de shortbreads. 
Au jeu de “quelle nouvelle as tu préféré ?”, je réponds : “Ouessant”, pour moi sans conteste la plus dure. Qu'y a-t-il de pire, pour un enfant que de voir son père traité de bon à rien et d'être obligé de constater par la suite que ce père n'a effectivement rien réussi dans sa vie ? Terrible.
Recueil édité en jeunesse mais tout public. A ne pas lire trop jeune car les chutes sont parfois assez subtiles.
Encore une lecture conseillée par Olivier, merci !
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dimanche 17 mars 2013

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire de Jonas Jonasson

trad. Caroline Berg, poche pocket, 2012, 7,70

Cet article a été rédigé par Annie, ma mère, grande lectrice et enthousiaste à propos 
de ce roman !  
Merci à elle qui sait si bien partager les bonnes choses ;o)
Alors dès que j'ai le temps, je le dévore ...

Un livre original, au grand pouvoir d'évasion par son sujet et son exposition.
Deux volets concernant le principal personnage, Allan Karlsson :
  • une histoire actuelle, rocambolesque, type polar (à la suite de son évasion de sa maison de retraite, par la fenêtre de sa chambre, le jour anniversaire de ses 100 ans !)
  • des histoires picaresques -quasiment délirantes- à travers l'Histoire avec un grand H, vécues tout au long de sa vie par étapes chronologiques et liées à ses qualités d'artificier émérite qui l'amèneront à côtoyer les grands de ce monde
On ne s'ennuie pas, le style est adapté au texte. Peut être, tout petit bémol, une fin un peu longuette.
Le livre m'a plu aussi parce qu'il m'a fait rire.

mardi 12 mars 2013

L'obscure mémoire des armes de Ramon Diaz-Eterovic

Ed. Métailié, coll. Noir, trad. Bertille Hausberg, 2011, 278 p., 19€
J'ai retrouvé avec grand plaisir Heredia, le privé désabusé et son chat Simenon (avec lequel il devise en buvant du whisky) que j'avais rencontrés dans deux autres polars : ici et .
Ramon Diaz-Eterovic explore une fois encore le passé récent de son pays, le Chili, et dénonce cette fois, la protection dont bénéficient les militaires qui ont commis les pires exactions pendant la dictature du Général Pinochet. Un passé qui hante ceux qui en furent victimes, ceux qui aujourd'hui s'organisent pour que justice soit enfin rendue ...
Sous prétexte qu'il faut "regarder vers le futur et que personne ne veut plus entendre parler de tout ça", que "les responsabilités sont partagées", faut il oublier ? Oublier la sinistre villa Grimaldi où furent perpétrées les pires tortures, où disparurent plusieurs milliers de personnes ? Oublier que les assassins vivent au milieu de tous comme des citoyens respectables ?
Heredia qui se place du côté des victimes, sait que :
"- Certains pensent que les militaires ont changé ces dernières années.
- Ils se taisent et nous saluent courtoisement mais ils peuvent de nouveau montrer les dents dans l'avenir. Je n'ai pas confiance en eux. Ils sont dressés à maintenir l'ordre des puissants. Notre histoire est pleine d'exemples qui confirment mes paroles.
- A vous entendre, on dirait que vous leur gardez rancune.
- Je m'en méfie, Anselmo. Une fois déjà, ils ont foutu notre vie en l'air et ça, je ne l'oublie pas."
Le roman est émaillé de citations de poètes et de romanciers, les dialogues sont acérés et tranchants en contrepoints à la lassitude d'Heredia. Lui à qui seul l'amour donne encore le goût de vivre.
Un récit paradoxalement "punchy" pour un héros attachant mais bien las de la nature humaine.
Il faut lire absolument ce beau roman policier pour mieux connaitre le Chili d'aujourd'hui. Ramon Diaz Eterovic au sommet de son art !
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mardi 5 mars 2013

Paul à Quebec de Michel Rabagliati

Les éditions de la pastèque, 2011, 187p., 21,85€
Il se dégage à la lecture de cette bande dessinée une impression de simplicité, portée par le dessin net, en noir et blanc et en vignettes très régulières. Le récit semble réduit à de petits détails de la vie et c'est justement cela que veut nous transmettre l'auteur. La vie se compose de petites choses qui font de grandes émotions ...
L'histoire se résume en une phrase : la femme de Paul, originaire du Québec, retourne régulièrement voir ses proches jusqu'au jour où son père tombe malade, la famille accompagne alors le vieil homme pendant ses derniers mois de vie, entourant d'affection celui qui les a toujours aimés et aidés.
Le découpage en chapitres s'appuie sur les repères temporels : année, puis mois, puis vers la fin de vie, jours, puisque tout s'accélère.
De détails en petites choses, l'auteur découvre pour nous les expressions québecoises, les plats typiques, la façon de vivre, les lieux. Sans qu'on y prenne garde, il y mêle l'affection entre les proches, les conflits aussi, le bonheur de se retrouver en famille sans chichis, les souvenirs en commun ...
Un joli moment où la vie nous rattrape en nous racontant ce qui, un jour, nous arrivera ou nous est arrivé ! Du personnel à l'universel.
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jeudi 28 février 2013

La fortune de Sila de Fabrice Humbert

Livre de poche, 2010, 7€10, 354 p.
Livre sélectionné pour le prix du livre de poche 2013.
A partir d'un fait divers et à travers 4 personnages, Fabrice Humbert trace à grands traits le portrait d'une société impitoyable où la raison du plus fort et la recherche du profit broient les hommes sans pitié.
Un jeune serveur noir, Sila, se fait violemment frapper, sans véritable raison, par un client américain richissime venu dîner dans le restaurant étoilé où il travaille depuis peu.
Les autres protagonistes de l'histoire se trouvent tous dans ce restaurant, au même moment, mais aucun n'intervient pour aider Sila.
Il y a l'agresseur, Mark Ruffle et sa femme. Lui a construit son immense fortune sur le prêt immobilier aux pauvres, sans scrupule, contribuant ainsi à sa façon à la crise des subprimes.
Simon a suivi son grand (et seul) copain, Matthieu, à Londres. Il y exerce la fonction de "quant" dans une banque à la city et constitue ainsi un des multiples rouages de la crise financière, quoique à un échelon bien subalterne.
Lev Kravchenko, oligarque russe et sa femme Elena, universitaire, sont de passage à Paris. Dans le sillage d'Eltsine, Kravchenko a bâti sa fortune en trafiquant et en vendant les biens de l'ex-URSS sans état d'âme.
Fabrice Humbert nous offre un instantané précis de la société actuelle sur laquelle le "vulgus pecus" a bien peu d'influence. Il manie la plume comme un scalpel : pas de pathos, peu d'empathie, des personnages fouillés mais bien seuls et désenchantés.
Sila et Simon subissent plus qu'ils n'agissent, ils sont désarmés devant la cruauté de ce monde.
Ruffle et Kravchenko font parti des rapaces qui, eux, exploitent les autres.
Au final, même si les crapules ne sont pas punies par la justice des hommes, la vie se charge de les isoler : peu à peu ils se retrouvent dans un désert affectif et dans une jungle où chacun doit défendre  férocement son bien s'il veut le conserver.
Brrrrr ! Par moment, le roman, très réaliste, donne froid dans le dos. Mais j'ai beaucoup aimé (comme son précédent roman "l'origine de la violence").
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mercredi 27 février 2013

L'histoire d'Horacio de Tomas Gonzalez

trad. D.Valentin, Ed. Montparnasse, 2012, 218 p., 17€
Roman foisonnant qui nous vient tout droit de Colombie ... J'ai été surprise au début par ce récit très éclaté, riche de nombreux personnages, de tranches de vie, d'anecdotes, de détails du quotidien,  passant souvent du coq à l'âne.
De ce mesclun, parfois comique, parfois tragique, ressort le portrait chaleureux d'une famille et de ses proches dont le narrateur note les particularités, les excentricités, les qualités ; grâce à lui, rien ne nous échappe ni les petites choses qui font le sel de la vie, ni l'affection qui lie tous les personnages ... avec en toile de fond réaliste la corruption omniprésente des notables colombiens.
Un hymne à l'amour de la vie, malgré sa dureté.
Fin très onirique et très belle où alternent les brefs moments de lucidité d'Horacio et ses rêves étranges jusqu'au moment où "dans un gémissement, il pénétra, indigné, le territoire qui ne connait pas de limites."
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jeudi 21 février 2013

Blanche comme le lait, rouge comme le sang d'Alessandro D'Avenia

Trad. Nathalie Bauer, livre de poche, 2013, 282 p., 6,60€
Sélectionné pour le prix des lecteurs du livre de poche 2013.
Bof et rebof !
Pas grand chose à dire sur ce roman, on marche ou on ne marche pas ...
Un lycéen tombe amoureux d'une belle lycéenne rousse qu'une leucémie va emporter ... Il essaie de l'aider, de lui rendre ses dernières semaines plus légères sans se rendre compte qu'à ses côtés, son amie de toujours se morfond d'amour pour lui, tout en l'aidant généreusement.
Rassurez vous, la vie sera la plus forte.
Un pseudo style "ado" composé d'un mélange de pensées très terre à terre, de nombrilisme et de désir d'absolu ne fait pas un personnage crédible, la poésie reste définitivement une poésie d'adulte et le roman ne m'a pas intéressée du tout.
Mais je reconnais que je suis peut être partiale ... le roman est quand même "écrit".
Allez, zou, je passe à autre chose !!!
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lundi 18 février 2013

Mauvaise fille de Justine Lévy

Le livre de poche, 2011, 183 p., 6,30€
J'ai eu l'impression d'avoir soulevé le couvercle d'une marmite où bouillonnent les sentiments et le vécu intimement mêlés, d'avoir reçu en plein visage la touffeur des émotions mais je n'ai pas essayé de le refermer, un peu enivrée par les sucs et les odeurs. J'en conclus que la lecture m'a embarquée, sans chichis, sans manière, à la hussarde.
Il ne s'agit pas là de grande littérature, il s'agit de souffrance, d'urgence et de survie.
Comment gérer l'agonie et la mort d'une mère aimée tandis qu'au même moment, on est enceinte ?
Comme on peut ... l'essentiel restant de protéger, instinctivement, son enfant donc soi même !
Je n'ai pas vu l'adaptation au cinéma réalisée par Patrick Mille avec Izia Higelin et Carole Bouquet.
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dimanche 17 février 2013

Madame Hemingway de Paula Mac Lain

trad. Sophie Bastide-Foltz, livre de poche, 2012, 7,60€, 499 p.
Roman sélectionné pour le prix des lecteurs du livre de poche 2013.
Il m'a fallu un peu de temps pour entrer complètement dans le roman d'autant que je connais mal Hemingway, son œuvre et sa vie. Mais une fois que le pas a été franchi, je me suis régalée ...
L'auteure s'est tenue au plus près de la réalité en puisant dans des documents d'époque, des correspondances ou des essais mais, bien sûr, son roman reste une œuvre de fiction dont l'analyse psychologique constitue le cœur.
Celle qui dit "je", c'est la première femme d'Hemingway (il en eut 4), Hadley Richardson, 28 ans. Elle débarque de son Missouri natal, tombe follement amoureuse du bel Ernest, l'épouse et partage quelques années agitées à ses côtés, le temps d'avoir un enfant. Issu d'un milieu classique et conventionnel, elle aidera son mari au maximum de ses possibilités jusqu'au moment où son amour se heurtera à la passion envahissante qu'il vit pour l'écriture, à sa recherche obsessionnelle de reconnaissance et à sa fascination pour la mort ... sans oublier son goût pour les jolies femmes !
Une des grandes qualités du livre est de nous immerger dans la vie des artistes des années 20.
On côtoie Ezra Pound, Francis Scott Fitzgerald, James Joyce et bien d'autres.
On y croise Gertrude Stein qui tient salon et encourage les jeunes talents.
On y découvre la vie agitée que menait cette intelligentsia : alcool, sexe, drogue, tromperies et commérages ...
On constate combien Paris les attirait tous par la liberté et le bouillonnement intellectuel qui y étaient offerts.
Autre pôle d'attraction, Antibes, petit village inconnu à l'époque, où un riche couple d'américains, les Murphy, accueillait généreusement auteurs et peintres désargentés.
Hemingway, passionné de tauromachie et de corridas, faisait de longs séjours à Pampelune, en Espagne. Il y entraîna ses amis artistes ... Et voilà comment certains lieux devinrent à la mode !
Bref, le tableau de l'époque est passionnant et l'histoire d'amour bien belle, ce qui ne gâche rien.
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