Bienvenue à tous ceux qui aiment lire ...

Lire, pour moi, c'est échapper au quotidien tout en restant proche des hommes et de leurs réalités ...

lundi 27 mai 2013

Le garçon d'à côté de Katrina Kittle

trad. Nathalie Barrié, Le livre de poche,2012, 571 p., 7€90
Sélection pour le prix des lecteurs du livre de poche 2013
Un très beau roman qui m'a tenue en haleine et émue tout le long !
Sarah vit seule avec ses deux fils depuis la mort de son mari, 5 ans auparavant. Un jour de pluie, elle prend en voiture Jordan, le fils de sa voisine et amie, Mme Kendricks, pour l'amener à l'école. Descendu de l'auto pour une "urgence", l'enfant d'une dizaine d'année, tente de se suicider dans les toilettes de la station service ... Sarah l'amène en urgence à l'hôpital. Elle découvre alors que Jordan est victime d'abus sexuels de la part de ses propres parents ... Sarah et ses 2 fils, Nate et Danny, vont tenter d'aider Jordan, remettant parfois leur propre équilibre familial et personnel en question.
L'auteure a choisi de présenter le récit en alternant les points de vue, les narrateurs font tous parti de l'entourage qui n'a absolument rien perçu. En y repensant, tous auraient dû comprendre, auraient dû voir ! Mais les parents Kendricks étaient médecins, sympathiques, beaux ... parfaits.
La voix de Jordan s'élève aussi et K.Kittle sait nous faire ressentir ses peurs et nous décrire la confusion qui règne dans son esprit.
Beaucoup de qualités pour ce roman, dont la première qui me vient à l'esprit est la construction du récit : apparition des personnages, portraits et mise en place des situations s'enchaînent comme autant de rouages parfaitement agencés qui tiennent en haleine. Chaque détail est utile et précis. Cette cohérence donne au roman de la profondeur et du réalisme, confortés par la subtilité dans la description des sentiments.
Tous les aspects de ce cas de pédophilie sont pris en compte, tant du point de vue psychologique que du point de vue sociétal et judiciaire à travers des personnages profondément crédibles.
Un récit passionnant et poignant auquel la générosité de certains personnages donne un plus d'âme.
Un coup de cœur pour moi, une lecture qui me parait être indispensable aux enseignants !
@@@@@
 


dimanche 19 mai 2013

Le jeu des hirondelles de Zeina Abirached

Ed. Cambourakis, 2007, 20€, 186 p.
Une BD tout en noir et blanc, très stylisée, au dessin très décoratif qui m'a rappelé Marjane Satrapi (en inversant le contraste : le fond est noir au lieu de blanc) ... Peut être trop, cela m'a gênée au début, car il n'y a pas que le graphisme. Le contenu fait aussi penser à Persépolis (l'Histoire vu du point de vue d'une enfant) bien que les lieux et l'époque diffèrent !
Zeina Abirached raconte quelques anecdotes sur Beyrouth dans les années 80, la vie quotidienne, les peurs, les bombardements, les relations de voisinage, l'affection dans la famille, du point de vue de l'enfant qu'elle était à l'époque. Un point de vue qui s'attache aux détails de la vie, aux petites choses qui reflètent les sentiments importants.
La BD se lit fort agréablement et on y découvre beaucoup de choses sur la vie dans un pays en guerre.
@@@@@

 



vendredi 3 mai 2013

Et puis, Paulette ... de Barbara Constantine

Sélection du prix des lecteurs du livre de poche 2013
2012, 280 p., 6€60
Barbara Constantine est Barbara Constantine. A nulle autre pareille, farfelue, généreuse, follement optimiste, charmante ... Au fil de ses romans, elle n'arrête pas de nous rappeler combien il faudrait vivre AVEC les autres, combien cela nous rendrait la vie plus facile, combien nous serions plus heureux. Et bien sûr, cela parait trop simple, trop irréalisable mais comme ça fait du bien d'y croire ne serait-ce que le temps d'une lecture.
Alors, ne vous en privez pas, allez rêver du côté de Guy, Fernand, Marceline et les autres, prenez une goulée d'air revigorant, riez, pleurez, amusez vous et surtout ne boudez pas votre plaisir !
Après tout, on ne sait jamais, Barbara Constantine pourrait avoir raison ... le bonheur se trouve peut être vraiment dans le partage et la générosité ;o)
PS : Se rappeler de s'inspirer du roman dans la vie quotidienne.
@@@@@

jeudi 25 avril 2013

Tout ce que nous aurions pu être toi et moi si nous n'étions pas toi et moi d'Albert Espinosa

trad. Christilla Vasserot, le livre de poche, 2010, 6,60€, 213 p.
Sélection prix des lecteurs du livre de poche 2013
Curieux petit roman autour de la vie et de la mort, qui finit par ce que nous aimerions tous pouvoir vivre !
L'être humain cherche affection et amour toute sa vie, dur labeur que la mère de Marcos s'ingénie à lui enseigner avec brio. Quand elle décède, Marcos se sent abandonné et perdu mais son "don" (il voit les mauvaises actions et les bonnes dans l'esprit de chacun) va le mettre face à une révélation étonnante ...
Que d'imagination chez cet auteur qui est lui même passé si près de la mort.
Pour ceux qui ont la fibre philosophe !
 @@@@@


vendredi 22 mars 2013

La nuit tombée d'Antoine Choplin

La fosse aux ours, 2012, 16€, 121 p.
Gouri revient sur les lieux de son ancienne vie, quand la centrale nucléaire de Tchernobyl n'avait pas encore contaminé toute la région, maintenant interdite et déserte.
Il désire aller à Pripiat, ville totalement abandonnée, pour récupérer dans son ancien appartement, la porte de la chambre de sa fille où il avait gravé sa taille à chaque anniversaire ... Ksénia est gravement malade.

A la description des environs désolés, abandonnés des humains, dévastés par les pillards, répondent en écho les vies brisées et reconstruites tant bien que mal de tous ceux qui ont dû partir en laissant là une part d'eux mêmes, leurs souvenirs, ce qu'ils avaient bâti. Poignant.
C'est un très beau roman, empreint de simplicité et d'émotion. Les phrases courtes rythment un récit au présent, sans chichis, sans sophistication, riche en sentiment brut, qui montre à petites touches la vie quotidienne, les détails du désespoir, la nature en souffrance ... heureusement, restent encore la générosité et la solidarité des anciens habitants.
Malgré un sujet bien lourd, l'auteur nous offre de l'émotion sans pathos, de la belle émotion.
@@@@@


mardi 19 mars 2013

Vida de Patricia Engel

trad. Marie de Prémonville, livre de poche, 2010, 6€10, 185 p.

Livre sélectionné pour le prix des lecteurs du livre de poche 2013.
Les parents de Sabina ont émigré de Colombie et sont venus s'installer en Floride.
A l'école, les enfants appelaient Sabina "l'indienne" ou "chocolat". Période révolue, elle se sent américaine à tel point que, quand la famille retourne en Colombie, elle n'a qu'une hâte c'est d'en repartir.
Sa jeunesse ressemble à la jeunesse d'une américaine type, sorties, petits copains puis petits boulots.
Elle croise Vida, une colombienne arrivée aux USA par le biais de la prostitution et qui s'en est sortie comme elle a pu. Vida a déjà vécu cent vies et rêve de retourner chez ses parents en Colombie, pour échapper à ce passé qui la dévaste. Ce rêve, rentrer en Colombie, la maintient en vie comme son prénom "Vida" le suggère !
Sabina, elle, parait déjà fatiguée de vivre, revenue de tout et sans attente particulière vis à vis des autres. Les petits copains se succèdent ainsi que désillusions et échecs.
Ce manque d'enthousiasme, cet abandon au sort du personnage principal m'ont pesé mais ils sont le reflet d'une jeunesse désemparée.
Une lecture néanmoins intéressante. 
@@@@@

 

Silhouette de Jean-Claude Mourlevat

Gallimard, coll. Scripto, 220 p., 9€, 2013
Très joli recueil de nouvelles principalement "à chute", toutes bien cruelles et bien noires, avec parfois une pointe d'humour ou de tendresse. Mais vraiment une pointe !
Dans la tradition des nouvelles à la Roald Dahl, toutes finissent mal ou sur un sentiment désagréable et célèbrent ainsi la dureté de la destinée humaine tout en soulignant la bassesse d'âme de certains …
Naufrage de la vieillesse, haine et vengeance, humiliations diverses, remords, folie de la violence …
Ceux qui cherchent du réconfort devront passer leur chemin !
En expert de l'âme humaine, JC Mourlevat sait que cette vision amère de l'homme servira égoïstement à ses lecteurs pour se rassurer sur eux mêmes. Les retournements de situation s'y ajouteront pour rendre la lecture aussi délectable qu'une tasse de thé accompagnée de shortbreads. 
Au jeu de “quelle nouvelle as tu préféré ?”, je réponds : “Ouessant”, pour moi sans conteste la plus dure. Qu'y a-t-il de pire, pour un enfant que de voir son père traité de bon à rien et d'être obligé de constater par la suite que ce père n'a effectivement rien réussi dans sa vie ? Terrible.
Recueil édité en jeunesse mais tout public. A ne pas lire trop jeune car les chutes sont parfois assez subtiles.
Encore une lecture conseillée par Olivier, merci !
@@@@@

dimanche 17 mars 2013

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire de Jonas Jonasson

trad. Caroline Berg, poche pocket, 2012, 7,70

Cet article a été rédigé par Annie, ma mère, grande lectrice et enthousiaste à propos 
de ce roman !  
Merci à elle qui sait si bien partager les bonnes choses ;o)
Alors dès que j'ai le temps, je le dévore ...

Un livre original, au grand pouvoir d'évasion par son sujet et son exposition.
Deux volets concernant le principal personnage, Allan Karlsson :
  • une histoire actuelle, rocambolesque, type polar (à la suite de son évasion de sa maison de retraite, par la fenêtre de sa chambre, le jour anniversaire de ses 100 ans !)
  • des histoires picaresques -quasiment délirantes- à travers l'Histoire avec un grand H, vécues tout au long de sa vie par étapes chronologiques et liées à ses qualités d'artificier émérite qui l'amèneront à côtoyer les grands de ce monde
On ne s'ennuie pas, le style est adapté au texte. Peut être, tout petit bémol, une fin un peu longuette.
Le livre m'a plu aussi parce qu'il m'a fait rire.

mardi 12 mars 2013

L'obscure mémoire des armes de Ramon Diaz-Eterovic

Ed. Métailié, coll. Noir, trad. Bertille Hausberg, 2011, 278 p., 19€
J'ai retrouvé avec grand plaisir Heredia, le privé désabusé et son chat Simenon (avec lequel il devise en buvant du whisky) que j'avais rencontrés dans deux autres polars : ici et .
Ramon Diaz-Eterovic explore une fois encore le passé récent de son pays, le Chili, et dénonce cette fois, la protection dont bénéficient les militaires qui ont commis les pires exactions pendant la dictature du Général Pinochet. Un passé qui hante ceux qui en furent victimes, ceux qui aujourd'hui s'organisent pour que justice soit enfin rendue ...
Sous prétexte qu'il faut "regarder vers le futur et que personne ne veut plus entendre parler de tout ça", que "les responsabilités sont partagées", faut il oublier ? Oublier la sinistre villa Grimaldi où furent perpétrées les pires tortures, où disparurent plusieurs milliers de personnes ? Oublier que les assassins vivent au milieu de tous comme des citoyens respectables ?
Heredia qui se place du côté des victimes, sait que :
"- Certains pensent que les militaires ont changé ces dernières années.
- Ils se taisent et nous saluent courtoisement mais ils peuvent de nouveau montrer les dents dans l'avenir. Je n'ai pas confiance en eux. Ils sont dressés à maintenir l'ordre des puissants. Notre histoire est pleine d'exemples qui confirment mes paroles.
- A vous entendre, on dirait que vous leur gardez rancune.
- Je m'en méfie, Anselmo. Une fois déjà, ils ont foutu notre vie en l'air et ça, je ne l'oublie pas."
Le roman est émaillé de citations de poètes et de romanciers, les dialogues sont acérés et tranchants en contrepoints à la lassitude d'Heredia. Lui à qui seul l'amour donne encore le goût de vivre.
Un récit paradoxalement "punchy" pour un héros attachant mais bien las de la nature humaine.
Il faut lire absolument ce beau roman policier pour mieux connaitre le Chili d'aujourd'hui. Ramon Diaz Eterovic au sommet de son art !
@@@@@

mardi 5 mars 2013

Paul à Quebec de Michel Rabagliati

Les éditions de la pastèque, 2011, 187p., 21,85€
Il se dégage à la lecture de cette bande dessinée une impression de simplicité, portée par le dessin net, en noir et blanc et en vignettes très régulières. Le récit semble réduit à de petits détails de la vie et c'est justement cela que veut nous transmettre l'auteur. La vie se compose de petites choses qui font de grandes émotions ...
L'histoire se résume en une phrase : la femme de Paul, originaire du Québec, retourne régulièrement voir ses proches jusqu'au jour où son père tombe malade, la famille accompagne alors le vieil homme pendant ses derniers mois de vie, entourant d'affection celui qui les a toujours aimés et aidés.
Le découpage en chapitres s'appuie sur les repères temporels : année, puis mois, puis vers la fin de vie, jours, puisque tout s'accélère.
De détails en petites choses, l'auteur découvre pour nous les expressions québecoises, les plats typiques, la façon de vivre, les lieux. Sans qu'on y prenne garde, il y mêle l'affection entre les proches, les conflits aussi, le bonheur de se retrouver en famille sans chichis, les souvenirs en commun ...
Un joli moment où la vie nous rattrape en nous racontant ce qui, un jour, nous arrivera ou nous est arrivé ! Du personnel à l'universel.
@@@@@

jeudi 28 février 2013

La fortune de Sila de Fabrice Humbert

Livre de poche, 2010, 7€10, 354 p.
Livre sélectionné pour le prix du livre de poche 2013.
A partir d'un fait divers et à travers 4 personnages, Fabrice Humbert trace à grands traits le portrait d'une société impitoyable où la raison du plus fort et la recherche du profit broient les hommes sans pitié.
Un jeune serveur noir, Sila, se fait violemment frapper, sans véritable raison, par un client américain richissime venu dîner dans le restaurant étoilé où il travaille depuis peu.
Les autres protagonistes de l'histoire se trouvent tous dans ce restaurant, au même moment, mais aucun n'intervient pour aider Sila.
Il y a l'agresseur, Mark Ruffle et sa femme. Lui a construit son immense fortune sur le prêt immobilier aux pauvres, sans scrupule, contribuant ainsi à sa façon à la crise des subprimes.
Simon a suivi son grand (et seul) copain, Matthieu, à Londres. Il y exerce la fonction de "quant" dans une banque à la city et constitue ainsi un des multiples rouages de la crise financière, quoique à un échelon bien subalterne.
Lev Kravchenko, oligarque russe et sa femme Elena, universitaire, sont de passage à Paris. Dans le sillage d'Eltsine, Kravchenko a bâti sa fortune en trafiquant et en vendant les biens de l'ex-URSS sans état d'âme.
Fabrice Humbert nous offre un instantané précis de la société actuelle sur laquelle le "vulgus pecus" a bien peu d'influence. Il manie la plume comme un scalpel : pas de pathos, peu d'empathie, des personnages fouillés mais bien seuls et désenchantés.
Sila et Simon subissent plus qu'ils n'agissent, ils sont désarmés devant la cruauté de ce monde.
Ruffle et Kravchenko font parti des rapaces qui, eux, exploitent les autres.
Au final, même si les crapules ne sont pas punies par la justice des hommes, la vie se charge de les isoler : peu à peu ils se retrouvent dans un désert affectif et dans une jungle où chacun doit défendre  férocement son bien s'il veut le conserver.
Brrrrr ! Par moment, le roman, très réaliste, donne froid dans le dos. Mais j'ai beaucoup aimé (comme son précédent roman "l'origine de la violence").
@@@@@

mercredi 27 février 2013

L'histoire d'Horacio de Tomas Gonzalez

trad. D.Valentin, Ed. Montparnasse, 2012, 218 p., 17€
Roman foisonnant qui nous vient tout droit de Colombie ... J'ai été surprise au début par ce récit très éclaté, riche de nombreux personnages, de tranches de vie, d'anecdotes, de détails du quotidien,  passant souvent du coq à l'âne.
De ce mesclun, parfois comique, parfois tragique, ressort le portrait chaleureux d'une famille et de ses proches dont le narrateur note les particularités, les excentricités, les qualités ; grâce à lui, rien ne nous échappe ni les petites choses qui font le sel de la vie, ni l'affection qui lie tous les personnages ... avec en toile de fond réaliste la corruption omniprésente des notables colombiens.
Un hymne à l'amour de la vie, malgré sa dureté.
Fin très onirique et très belle où alternent les brefs moments de lucidité d'Horacio et ses rêves étranges jusqu'au moment où "dans un gémissement, il pénétra, indigné, le territoire qui ne connait pas de limites."
@@@@@

jeudi 21 février 2013

Blanche comme le lait, rouge comme le sang d'Alessandro D'Avenia

Trad. Nathalie Bauer, livre de poche, 2013, 282 p., 6,60€
Sélectionné pour le prix des lecteurs du livre de poche 2013.
Bof et rebof !
Pas grand chose à dire sur ce roman, on marche ou on ne marche pas ...
Un lycéen tombe amoureux d'une belle lycéenne rousse qu'une leucémie va emporter ... Il essaie de l'aider, de lui rendre ses dernières semaines plus légères sans se rendre compte qu'à ses côtés, son amie de toujours se morfond d'amour pour lui, tout en l'aidant généreusement.
Rassurez vous, la vie sera la plus forte.
Un pseudo style "ado" composé d'un mélange de pensées très terre à terre, de nombrilisme et de désir d'absolu ne fait pas un personnage crédible, la poésie reste définitivement une poésie d'adulte et le roman ne m'a pas intéressée du tout.
Mais je reconnais que je suis peut être partiale ... le roman est quand même "écrit".
Allez, zou, je passe à autre chose !!!
@@@@@



lundi 18 février 2013

Mauvaise fille de Justine Lévy

Le livre de poche, 2011, 183 p., 6,30€
J'ai eu l'impression d'avoir soulevé le couvercle d'une marmite où bouillonnent les sentiments et le vécu intimement mêlés, d'avoir reçu en plein visage la touffeur des émotions mais je n'ai pas essayé de le refermer, un peu enivrée par les sucs et les odeurs. J'en conclus que la lecture m'a embarquée, sans chichis, sans manière, à la hussarde.
Il ne s'agit pas là de grande littérature, il s'agit de souffrance, d'urgence et de survie.
Comment gérer l'agonie et la mort d'une mère aimée tandis qu'au même moment, on est enceinte ?
Comme on peut ... l'essentiel restant de protéger, instinctivement, son enfant donc soi même !
Je n'ai pas vu l'adaptation au cinéma réalisée par Patrick Mille avec Izia Higelin et Carole Bouquet.
@@@@@

dimanche 17 février 2013

Madame Hemingway de Paula Mac Lain

trad. Sophie Bastide-Foltz, livre de poche, 2012, 7,60€, 499 p.
Roman sélectionné pour le prix des lecteurs du livre de poche 2013.
Il m'a fallu un peu de temps pour entrer complètement dans le roman d'autant que je connais mal Hemingway, son œuvre et sa vie. Mais une fois que le pas a été franchi, je me suis régalée ...
L'auteure s'est tenue au plus près de la réalité en puisant dans des documents d'époque, des correspondances ou des essais mais, bien sûr, son roman reste une œuvre de fiction dont l'analyse psychologique constitue le cœur.
Celle qui dit "je", c'est la première femme d'Hemingway (il en eut 4), Hadley Richardson, 28 ans. Elle débarque de son Missouri natal, tombe follement amoureuse du bel Ernest, l'épouse et partage quelques années agitées à ses côtés, le temps d'avoir un enfant. Issu d'un milieu classique et conventionnel, elle aidera son mari au maximum de ses possibilités jusqu'au moment où son amour se heurtera à la passion envahissante qu'il vit pour l'écriture, à sa recherche obsessionnelle de reconnaissance et à sa fascination pour la mort ... sans oublier son goût pour les jolies femmes !
Une des grandes qualités du livre est de nous immerger dans la vie des artistes des années 20.
On côtoie Ezra Pound, Francis Scott Fitzgerald, James Joyce et bien d'autres.
On y croise Gertrude Stein qui tient salon et encourage les jeunes talents.
On y découvre la vie agitée que menait cette intelligentsia : alcool, sexe, drogue, tromperies et commérages ...
On constate combien Paris les attirait tous par la liberté et le bouillonnement intellectuel qui y étaient offerts.
Autre pôle d'attraction, Antibes, petit village inconnu à l'époque, où un riche couple d'américains, les Murphy, accueillait généreusement auteurs et peintres désargentés.
Hemingway, passionné de tauromachie et de corridas, faisait de longs séjours à Pampelune, en Espagne. Il y entraîna ses amis artistes ... Et voilà comment certains lieux devinrent à la mode !
Bref, le tableau de l'époque est passionnant et l'histoire d'amour bien belle, ce qui ne gâche rien.
@@@@@

samedi 16 février 2013

Le sermon sur la chute de Rome de Jérôme Ferrari

Actes Sud, 2012, 201 p., 19€
Finalement le héros de ce roman, Matthieu, est un pusillanime sans grande personnalité. Il ressemble à ces méduses du film d'Alain Resnais "On connait la chanson" qui apparaissent deux ou trois fois et dont tout le monde se demande à quoi elles servent et ce qu'elles veulent dire.
Le jugement peut paraitre sévère mais si Matthieu cherche à aller en Corse, s'il accepte de gérer un bar c'est uniquement pour se rapprocher de son unique ami, Libero. Toutes les grandes décisions de sa vie sont prises en fonction de son ami, sinon il n'y a pas de décision du tout.
Libero lui, pense, réfléchit et juge. Il interrompt ses études de philosophie pour devenir gérant de bar parce que l'espèce humaine n'a rien su tirer de l'enseignement des philosophes, parce qu'elle n'en tirera jamais rien et qu'il n'a plus aucun espoir en elle. Mais, au contraire d'Alceste (ou comme lui ?) il aime encore ses prochains et tente parfois de les aider et paradoxalement, il est celui par lequel le malheur arrive ...
La Corse se situe bien au centre du récit, à travers l'histoire du grand-père Marcel surtout, le meilleur moment du récit, pour moi.
La philosophie imprègne le roman, cependant je ne peux m'empêcher de trouver le titre et les références un peu pompeuses. On dirait que l'auteur cherche absolument à prouver que Saint Augustin est toujours d'actualité (toute entreprise humaine est vouée à la décadence). On le sait bien que les grands penseurs le sont toujours mais perso, je préfère quand il y a un peu plus de confiance en la nature humaine ...
Une lecture agréable mais pas un coup de cœur.
@@@@@

lundi 7 janvier 2013

Chroniques de San Francisco d'Armistead Maupin

trad. O.Weber et T.Duverne, 10/18,  Domaine Etranger, 1994, 381 p., 7,70€
Description de la vie à San Francisco dans les années 70, du point de vue de la classe moyenne et aisée ... libération sexuelle, drogue, excès de tous ordres face à l'Amérique bien pensante.
Humour fin et décalé, particulièrement à travers Mickael Tolliver, homosexuel assumé, personnage le plus proche de l'auteur selon wikipedia.
Pour se poiler, imaginer le bouillonnement de cette époque en ce lieu ou se rappeler les 70ies si on les a vécues. Memories ;o)
Avis aux amateurs : 8 autres tomes vous attendent ...
@@@@@


dimanche 6 janvier 2013

Diario de Greg 2, la ley de Rodrick de Jeff Kinney

2009, ed. Molino, 217p.
Bien sur, le "journal d'un dégonflé" existe en français, traduit de l'anglais puisqu'il nous vient tout droit des États-Unis où vit son auteur, dessinateur de jeux online.
Mais si vous souhaitez améliorer votre espagnol ce livre est parfait : il vous remettra en mémoire le vocabulaire de la vie quotidienne et les tournures les plus utilisées.
Avec en prime, quelques moments de rigolade car ce "roman graphique pour ado", sans tomber dans la vulgarité, confronte impitoyablement logique adolescente et logique adulte. Bien que je ne sois pas sure que le mot "logique" soit toujours approprié ! Le héros, Greg, affronte un monde sans pitié où la débrouille le sort souvent d'affaire.

Pour lire quelques pages, cette fois-ci en anglais ;o)
http://www.funbrain.com/journal/Journal.html?ThisJournalDay=1&ThisPage=2
Collège et pourquoi pas après ...

@@@@@



samedi 22 décembre 2012

Les proies d'Amélie Sarn

Ed. Milan, 2012, 342 p., 14,89€
Déception pour ce roman d'une auteure que j'aime bien.
Margot découvre que sa meilleure amie Pauline et son petit ami Lucas ont couché ensemble tandis qu'au même moment une épidémie zombifie les humains à une vitesse effrayante.
Sauve qui peut la vie, il s'agit de s'organiser et survivre dans un monde devenu singulièrement hostile.
Au fil des rencontres, un petit groupe hétérogène se constitue où chacun cherche et trouve sa place ainsi que son utilité.
Malgré un rythme soutenu et beaucoup d'action (ou peut être à cause ?), les personnages restent curieusement lointains et suscitent peu d'empathie.
Donnons du temps au temps et laissons Amélie Sarn développer ses personnages dans le tome 2 ...
Margot reste l'héroïne sans conteste de ce premier tome, courageuse, généreuse, altruiste, mais pas bonne poire et donc pas gnangnan. 
A avoir en cdi de collège, pour les amateurs du genre.
@@@@@  

 

jeudi 15 novembre 2012

Corniche Kennedy de Maylis de Kerangal

Éditions Gallimard, coll. Verticales, 177 p., 15,50€, 2008
J'aime chez Maylis de Kerangal ses phrases courtes, heurtées, dures qui déversent sans crier gare leurs émotions et qui surprennent par leur poésie au détour d'une phrase. Sous l'apparente dureté des mots qui s'alignent en rythme soutenu, se cache une grande tendresse pour ses personnages.
J'aime la façon dont elle utilise ses personnages pour construire le roman, alternant leurs points de vue et les descriptions à petites touches.
Tous souffrent, ont souffert ou souffriront, tous vivent sous le dur soleil
marseillais ... adolescents des cités, flic désabusé et alcoolo, prostituée droguée, obscurs petits malfrats.
Le roman a été publié en poche récemment, 5€95.
@@@@@