Bienvenue à tous ceux qui aiment lire ...

Lire, pour moi, c'est échapper au quotidien tout en restant proche des hommes et de leurs réalités ...

mercredi 18 mai 2011

Ripeur de Jeff Sourdin

Editions La Part Commune, ill. P. Jourde, 2010, 142 p., 13€
Ripeur ou Ce qui trotte dans la tête des trentenaires ...
Dimitri, le héros, n'a que 27 ans au début du roman. Il vit à Ernée, une petite ville de Mayenne où il est
"ripeur" : "ouvrier qui décharge les marchandises d'un camion ou d'un wagon". En fait, il est éboueur mais n'aime pas ce mot qui évoque généralement la saleté, la grossièreté. Lui, il choisit "ripeur" pour un travail dur mais qui, finalement, lui plait parce qu'il profite ainsi du calme de la nuit, au sein d'une équipe soudée.
Ce court roman fait penser à une photo instantanée : à l'occasion d'une tournée de travail, d'une rencontre dans un bar, d'un match de foot, Dimitri fait le point sur sa vie. Que veut il vraiment en faire à ce moment T ? Qu'attend il des gens, que lui apporte le sport, que signifie son travail pour lui, où veut il vivre, qu'est ce que vieillir ?
Ces questions sont celles que se posent beaucoup de trentenaires au moment de faire des choix de vie importants, vivre en couple ou seul, changer de travail, choisir ses loisirs ... A travers son héros, l'auteur (tiens, justement il a la trentaine !) les pose avec finesse, sensibilité et sincérité, dans un style direct qui parfois nous laisse en pleine poésie.
Ambiance mélancolique pour ce joli petit roman qui égraine ce qui trotte dans la tête des trentenaires ;o)
Lauréat du prix "Grain de Sel 2011" organisé par "le sel des mots", si vous l'achetez, vous ferez une bonne action "littéraire" puisque cette association cherche à faire connaitre les petits éditeurs !!!
Merci Michèle, fan enthousiaste de la Turballe, de me l'avoir fait découvrir ...
@@@@@

                                                                  

dimanche 15 mai 2011

Jeanne de Jacqueline de Romilly

Editions de Fallois, 2011, 248 p., 18€
En 1977, l'année suivant la mort de sa mère, Jacqueline de Romilly écrit cet hommage vibrant, sous la forme d'un recueil de souvenirs et de réflexions empreints de tendresse et d'affection.
Quand son père meurt au front, dès les premiers jours de la guerre (1914-1918), Jacqueline n'a qu'un an et demi. Jeanne fait alors de sa fille la priorité de toute une vie, sacrifiant souvent ses désirs personnels mais sachant cependant s'épanouir dans l'indépendance et le choix d'activités intellectuelles.
Jeanne déploie toute son énergie, son ingéniosité et son intelligence pour que sa fille ne souffre jamais de la mort de son père ; elle trouve du travail dans une période difficile, en change quand il le faut, assume leur quotidien à toutes deux, bricole, économise, écrit des contes, des romans, des pièces de théâtre, des pièces radiophoniques, apprend à conduire, épaule sa fille dans ses études, l’emmène au théâtre, au concert, à l'opéra  ... Quand viendra la seconde guerre mondiale, elle aidera sa fille (de père juif) et son gendre (de parents juifs) à se cacher grâce à ses relations. Au passage, j'ai été étonnée de voir que J.de R. néglige de mentionner combien l'appartenance à une classe sociale très aisée (par son mari) facilite leur fuite perpétuelle, des amis fortunés leur offrant des refuges isolés et surs.
Au fil de ce récit à la fraîcheur autobiographique, Jacqueline de Romilly, pleine d'admiration et de reconnaissance pour une mère à la ténacité et à la bonne humeur inébranlables, se livre beaucoup au lecteur et il n'est pas étonnant qu'elle ait demandé à son éditeur de ne le publier qu'après sa mort, en 2010.
Elle s'interroge parfois : pourquoi sait elle si peu de choses sur les choix de sa mère, sur son enfance, sur ce qui fut important pour cette femme exceptionnelle ... C'est que Jeanne n'était là que pour elle, pour l'aider, se dévouant sans cesse : Jacqueline réalise combien elle fut aimée sans même s'en rendre compte !
Et si Jeanne nous parait parfois conventionnelle et bourgeoise, J. de R. nous rappelle que les points de vue changent avec l'évolution de la société et qu'il faut se garder de juger hâtivement !
Un émouvant portrait de femme, à une époque où il n'était pas facile de vivre seule et indépendante, une époque où il n'était pas facile de vivre tout court !
Écrit dans un très beau style, sensible et simple. Sans doute le livre le plus accessible de cette spécialiste de la Grèce Antique qui fut membre de l'Académie Française et la première femme professeure du Collège de France.
Le parfait cadeau de fête des mères, si ça fait parti de vos habitudes familiales ;o)
Merci à Asphodèle, elle m'a permis de découvrir cette auteure grâce à son article qui a su piquer ma
curiosité !
@@@@@