Bienvenue à tous ceux qui aiment lire ...

Lire, pour moi, c'est échapper au quotidien tout en restant proche des hommes et de leurs réalités ...

mercredi 7 août 2013

L'armoire des robes oubliées de Riikka Pulkkinen

selection prix du Livre de Poche 2013
Trad. Claire Saint-Germain, 2012, 422 p., 7,60€
Interminable comme un hiver finlandais ... ce roman m'a laissée de glace.
Et l'ennui a eu raison de ma lecture qui s'est terminée à la page 142 !



lundi 5 août 2013

Rendez vous d'amour dans un pays en guerre de Luis Sepulveda

trad. François Gaudry, éd. Métailié, 1997, 223 p., 6,84€
Un recueil de nouvelles où j'ai retrouvé avec un infini plaisir Luis Sepulveda, son style, son intérêt pour le monde des hommes, les évènements qui ont marqué son pays et les "ogres", c'est à dire, les personnalités hors normes.
Tantôt humoristiques, tantôt tragiques, tantôt étranges, ces nouvelles offrent un beau panorama de la destinée humaine et des tours que nous joue en permanence la vie à travers ces petits détails qui bouleversent tous nos projets ou attentes ...
J'ai eu un coup de cœur pour "Histoire d'amour sans paroles", émouvante.
Attention, contrairement à ce que le titre peut laisser penser, il n'y a pas que des histoires d'amour dans ce recueil. Un bon moment de lecture !
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dimanche 4 août 2013

La femme du tigre de Téa Obreht

Sélection du prix des lecteurs du Livre de Poche 2013
trad de l'anglais Marie Boudewyn, 2011, 426 p., 7,10€
Ben, je me suis complètement perdue dans ce mystérieux pays des Balkans et les méandres de ses contes populaires ... et j'ai abandonné ! Trop métaphorique et trop dispersé pour moi !
Mais le roman peut surement plaire, il a de belles qualités.


Les morues de Titiou Lecoq

Sélection du prix des lecteurs du livre de poche 2013
2011,403 p., 7,10€
Trois copines, trois parisiennes branchées qui s'auto baptisent "les morues", se veulent libérées et indépendantes et prétendent vivre selon une charte féministe élaborée en commun.
Une de leurs copines, Charlotte, qui meurt de façon étrange et inexplicable.
Une enquête dont on s'ingénie à brouiller les pistes.
Fred, un looser magnifique.
Voilà la toile de fond de ce roman dont je pensais qu'il ne me plairait absolument pas, vu la première de couverture racoleuse. Contre toute attente, il m'a agréablement surprise, malgré son côté hyper branché, par la dénonciation au vitriol de la RGPP (Réforme Générale des Politiques Publiques).
A lire, rien que pour comprendre comment en réduisant drastiquement les moyens alloués aux services publics, l'état essaie de convaincre les français que les dits services publics fonctionnent mal. Formulé ainsi on dirait une absurdité. Rassurez vous, c'en est une. Hélas, nous en subissons les dégâts depuis quelques années déjà !!!!
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mercredi 31 juillet 2013

La petite cloche au son grêle de Paul Vacca

Sélectionné pour le prix des lecteurs du Livre de Poche 2013
Livre de poche, 2008, 5,80€
C'est un roman qui se présente sous forme de tranches de vie, de scènes parfois émouvantes, parfois amusantes, toujours assez courtes et visuelles. Il se lit aisément, un peu comme on regarderait un bon film ...
C'est un roman à la gloire d'une mère, une mère à la Romain Gary ou à la Albert Cohen, qui a une confiance inébranlable en son fils et le sait voué à un grand avenir. Dès lors, tous ceux qui ne voient pas ses qualités "évidentes" sont, sans aucun doute, des imbéciles ;o)

C'est un roman où Proust joue un rôle prépondérant dans une famille que rien ne prédisposait à cette rencontre.
J'ai tout simplement été prise par les sentiments.
On verse sa tit'larme de temps en temps ... mais le dosage reste juste et ne devient jamais "lourd".
Elu "livre de l'année" par Biblioblog en 2008.
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vendredi 5 juillet 2013

Heather Mallender a disparu de Robert Goddard

Sélection du prix des lecteurs du Livre de poche 2013
1990, trad de l'anglais Catherine Orsot-Cochard, 714 p., 8,60€
Les polars que je préfère sont ceux qui offrent une toile de fond riche, qu'elle soit ethnique, sociale, politique ou autre.
Celui-ci n'en a pas, on suit les personnages, toujours les personnages, uniquement les personnages et c'est finalement dans leur univers restreint que le roman nous fait évoluer.
Un polar bien mené mais qui ne m'a pas beaucoup intéressée.
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samedi 29 juin 2013

Persécution d'Alessandro Piperno

Sélection du prix des lecteurs du Livre de poche 2013
trad de l'italien Fanchita Gonzalez Batlle, 2010, 7,90€,498 p.
Les personnages ne m'ont pas intéressée, je ne suis pas entrée dans l'histoire et j'ai eu l'impression de lire du blabla ... Alors, j'ai refermé ce roman et l'ai rangé sur une étagère, au purgatoire ;o)
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vendredi 21 juin 2013

Seul l'avenir le dira de Jeffrey Archer

Selection du prix des lecteurs du Livre de Poche 2013
trad. Georges-Michel Sarotte, 2011, 542 p., 8€10
Les uns sont beaux, intelligents, intègres, travailleurs mais pauvres. Les autres moins beaux, moins intelligents, moins travailleurs mais très riches et parfois perfides. Leurs valeurs communes : l'amitié et l'honneur de leur famille ...
Voilà un monde un peu trop caricatural qu'habitent des héros ou bisounours ou machiavéliques !
On fait ce qu'on peut, on essaie d'y croire et on a quand même envie de savoir ce qui leur arrive. Mais au fond, le cœur n'y est pas et la dernière page tournée, on s'empresse de tout oublier de ce roman à l'emporte-pièce qui hésite entre guimauve et drame social.
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La fille tombée du ciel de Heidi W.Durrow

trad. Marie de Prémonville, livre de poche, 2011, 283 p., 6€60
Sélectionné pour le prix des lecteurs du Livre de Poche 2013
Il m'a fallu un peu de temps pour entrer dans ce court roman intimiste qui se situe au début des années 80.
L'héroïne, Rachel, est métisse aux yeux bleus, de mère danoise et de père américain. Noir américain.
Quand Roger a commencé à boire plus que de raison, quand il a mis le feu à la maison et que son fils aîné en est mort, sa femme, la mère de Rachel, l'a quitté. Mais elle n'a pas de chance et son nouvel ami, lui aussi, s'adonne à la boisson ... Comment faire pour protéger ses enfants ?
Rachel va mettre longtemps à comprendre la décision de sa mère et celle de son père, elle va découvrir dans la douleur qu'elle est noire, qu'il n'est pas facile à une femme noire de se construire un avenir, elle va rejeter les choix de sa grand mère, va découvrir l'amour et le sexe et, de petite fille modèle, va devenir femme.
Le passage à l'âge adulte d'une enfant malmenée par la vie qui cherche à construire ses propres repères. Très beau.
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jeudi 13 juin 2013

Le Turquetto de Metin Arditi

Actes Sud, 2011, 19,50€, 290 p.
Intéressante histoire que celle de ce jeune juif de Constantinople, né en 1519, dans une ville alors entièrement musulmane.
Son père, employé du marché aux esclaves (un des quelques métiers autorisés aux juifs),  meurt  et Elie, désormais seul au monde, passionné de dessin mais à qui sa religion en interdit totalement la pratique, décide de s'enfuir à Venise.
Là, protégé par son anonymat, il commence une nouvelle vie et étudie la peinture librement en se faisant passer pour  un grec venant de Turquie. Ce qui lui vaut le surnom de "Turquetto".
Il peint dans l'atelier du Titien, épouse la fille simplette d'un riche notaire vénitien grâce à qui il obtient des commandes, devient célèbre, riche, ouvre ses propres ateliers et travaille sans discontinuer pour les particuliers et l'église.
Cachant soigneusement sa judaïté, il est cependant heureux puisqu'il peint, jusqu'au jour où il prend une maîtresse juive ...
Metin Arditi réussit une description vivante de Venise au 16e siècle, antisémitisme, pauvreté du peuple, arbitraire et toute puissance de l'église catholique, rivalités et embrouilles politiques d'un côté ... de l'autre, amour de l'art, désir d'épanouissement, de survie des êtres humains dans leur superbe diversité.
Le style très fluide porte le roman et l'histoire de ce peintre passionné, histoire qui parait tellement crédible qu'on se prend parfois à croire qu'il a réellement existé !
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mercredi 5 juin 2013

Que deviennent les enfants quand la nuit tombe ? de Jean-Paul Nozière

Editions Thierry Magnier, 2013, 14,50€, 259 p.
C'est un joli roman que nous livre JP.Nozières, une histoire bien ficelée, sous forme d'enquête presque policière, en relation avec des faits réels et récents de notre histoire de France :
"Entre 1963 et 1980,  environ 1600 enfants et adolescents réunionnais ont été envoyés en France, particulièrement dans les départements  alors pauvres, touchés par l'exode rural : la Corrèze, le Gers, la Lozère ... (rapport de l'IGAS, Inspection Générale des Affaires Sociales, 2002).
On a pu parler d'enfants volés, enlevés souvent illégalement à leurs parents, sous prétexte de leur assurer un meilleur avenir ... alors qu'ils 'agissait surtout de repeupler certains départements et de diminuer la pression démographique jugée trop forte sur l'île de la Réunion."
Le récit alterne le témoignage d'un enfant enlevé, maintenant adulte et l'enquête que mène Bertille, de nos jours, après la découverte d'un petit squelette dans la ferme que ses parents viennent d'acheter.
On suit aisément les péripéties des enfants réunionnais à travers les investigations de Bertille et le témoignage ; le style est net, simple, adapté à des élèves de collège (6e/5e bons lecteurs, 4e).
Moment d'émotion à la fin.

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lundi 27 mai 2013

Le garçon d'à côté de Katrina Kittle

trad. Nathalie Barrié, Le livre de poche,2012, 571 p., 7€90
Sélection pour le prix des lecteurs du livre de poche 2013
Un très beau roman qui m'a tenue en haleine et émue tout le long !
Sarah vit seule avec ses deux fils depuis la mort de son mari, 5 ans auparavant. Un jour de pluie, elle prend en voiture Jordan, le fils de sa voisine et amie, Mme Kendricks, pour l'amener à l'école. Descendu de l'auto pour une "urgence", l'enfant d'une dizaine d'année, tente de se suicider dans les toilettes de la station service ... Sarah l'amène en urgence à l'hôpital. Elle découvre alors que Jordan est victime d'abus sexuels de la part de ses propres parents ... Sarah et ses 2 fils, Nate et Danny, vont tenter d'aider Jordan, remettant parfois leur propre équilibre familial et personnel en question.
L'auteure a choisi de présenter le récit en alternant les points de vue, les narrateurs font tous parti de l'entourage qui n'a absolument rien perçu. En y repensant, tous auraient dû comprendre, auraient dû voir ! Mais les parents Kendricks étaient médecins, sympathiques, beaux ... parfaits.
La voix de Jordan s'élève aussi et K.Kittle sait nous faire ressentir ses peurs et nous décrire la confusion qui règne dans son esprit.
Beaucoup de qualités pour ce roman, dont la première qui me vient à l'esprit est la construction du récit : apparition des personnages, portraits et mise en place des situations s'enchaînent comme autant de rouages parfaitement agencés qui tiennent en haleine. Chaque détail est utile et précis. Cette cohérence donne au roman de la profondeur et du réalisme, confortés par la subtilité dans la description des sentiments.
Tous les aspects de ce cas de pédophilie sont pris en compte, tant du point de vue psychologique que du point de vue sociétal et judiciaire à travers des personnages profondément crédibles.
Un récit passionnant et poignant auquel la générosité de certains personnages donne un plus d'âme.
Un coup de cœur pour moi, une lecture qui me parait être indispensable aux enseignants !
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dimanche 19 mai 2013

Le jeu des hirondelles de Zeina Abirached

Ed. Cambourakis, 2007, 20€, 186 p.
Une BD tout en noir et blanc, très stylisée, au dessin très décoratif qui m'a rappelé Marjane Satrapi (en inversant le contraste : le fond est noir au lieu de blanc) ... Peut être trop, cela m'a gênée au début, car il n'y a pas que le graphisme. Le contenu fait aussi penser à Persépolis (l'Histoire vu du point de vue d'une enfant) bien que les lieux et l'époque diffèrent !
Zeina Abirached raconte quelques anecdotes sur Beyrouth dans les années 80, la vie quotidienne, les peurs, les bombardements, les relations de voisinage, l'affection dans la famille, du point de vue de l'enfant qu'elle était à l'époque. Un point de vue qui s'attache aux détails de la vie, aux petites choses qui reflètent les sentiments importants.
La BD se lit fort agréablement et on y découvre beaucoup de choses sur la vie dans un pays en guerre.
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vendredi 3 mai 2013

Et puis, Paulette ... de Barbara Constantine

Sélection du prix des lecteurs du livre de poche 2013
2012, 280 p., 6€60
Barbara Constantine est Barbara Constantine. A nulle autre pareille, farfelue, généreuse, follement optimiste, charmante ... Au fil de ses romans, elle n'arrête pas de nous rappeler combien il faudrait vivre AVEC les autres, combien cela nous rendrait la vie plus facile, combien nous serions plus heureux. Et bien sûr, cela parait trop simple, trop irréalisable mais comme ça fait du bien d'y croire ne serait-ce que le temps d'une lecture.
Alors, ne vous en privez pas, allez rêver du côté de Guy, Fernand, Marceline et les autres, prenez une goulée d'air revigorant, riez, pleurez, amusez vous et surtout ne boudez pas votre plaisir !
Après tout, on ne sait jamais, Barbara Constantine pourrait avoir raison ... le bonheur se trouve peut être vraiment dans le partage et la générosité ;o)
PS : Se rappeler de s'inspirer du roman dans la vie quotidienne.
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jeudi 25 avril 2013

Tout ce que nous aurions pu être toi et moi si nous n'étions pas toi et moi d'Albert Espinosa

trad. Christilla Vasserot, le livre de poche, 2010, 6,60€, 213 p.
Sélection prix des lecteurs du livre de poche 2013
Curieux petit roman autour de la vie et de la mort, qui finit par ce que nous aimerions tous pouvoir vivre !
L'être humain cherche affection et amour toute sa vie, dur labeur que la mère de Marcos s'ingénie à lui enseigner avec brio. Quand elle décède, Marcos se sent abandonné et perdu mais son "don" (il voit les mauvaises actions et les bonnes dans l'esprit de chacun) va le mettre face à une révélation étonnante ...
Que d'imagination chez cet auteur qui est lui même passé si près de la mort.
Pour ceux qui ont la fibre philosophe !
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vendredi 22 mars 2013

La nuit tombée d'Antoine Choplin

La fosse aux ours, 2012, 16€, 121 p.
Gouri revient sur les lieux de son ancienne vie, quand la centrale nucléaire de Tchernobyl n'avait pas encore contaminé toute la région, maintenant interdite et déserte.
Il désire aller à Pripiat, ville totalement abandonnée, pour récupérer dans son ancien appartement, la porte de la chambre de sa fille où il avait gravé sa taille à chaque anniversaire ... Ksénia est gravement malade.

A la description des environs désolés, abandonnés des humains, dévastés par les pillards, répondent en écho les vies brisées et reconstruites tant bien que mal de tous ceux qui ont dû partir en laissant là une part d'eux mêmes, leurs souvenirs, ce qu'ils avaient bâti. Poignant.
C'est un très beau roman, empreint de simplicité et d'émotion. Les phrases courtes rythment un récit au présent, sans chichis, sans sophistication, riche en sentiment brut, qui montre à petites touches la vie quotidienne, les détails du désespoir, la nature en souffrance ... heureusement, restent encore la générosité et la solidarité des anciens habitants.
Malgré un sujet bien lourd, l'auteur nous offre de l'émotion sans pathos, de la belle émotion.
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mardi 19 mars 2013

Vida de Patricia Engel

trad. Marie de Prémonville, livre de poche, 2010, 6€10, 185 p.

Livre sélectionné pour le prix des lecteurs du livre de poche 2013.
Les parents de Sabina ont émigré de Colombie et sont venus s'installer en Floride.
A l'école, les enfants appelaient Sabina "l'indienne" ou "chocolat". Période révolue, elle se sent américaine à tel point que, quand la famille retourne en Colombie, elle n'a qu'une hâte c'est d'en repartir.
Sa jeunesse ressemble à la jeunesse d'une américaine type, sorties, petits copains puis petits boulots.
Elle croise Vida, une colombienne arrivée aux USA par le biais de la prostitution et qui s'en est sortie comme elle a pu. Vida a déjà vécu cent vies et rêve de retourner chez ses parents en Colombie, pour échapper à ce passé qui la dévaste. Ce rêve, rentrer en Colombie, la maintient en vie comme son prénom "Vida" le suggère !
Sabina, elle, parait déjà fatiguée de vivre, revenue de tout et sans attente particulière vis à vis des autres. Les petits copains se succèdent ainsi que désillusions et échecs.
Ce manque d'enthousiasme, cet abandon au sort du personnage principal m'ont pesé mais ils sont le reflet d'une jeunesse désemparée.
Une lecture néanmoins intéressante. 
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Silhouette de Jean-Claude Mourlevat

Gallimard, coll. Scripto, 220 p., 9€, 2013
Très joli recueil de nouvelles principalement "à chute", toutes bien cruelles et bien noires, avec parfois une pointe d'humour ou de tendresse. Mais vraiment une pointe !
Dans la tradition des nouvelles à la Roald Dahl, toutes finissent mal ou sur un sentiment désagréable et célèbrent ainsi la dureté de la destinée humaine tout en soulignant la bassesse d'âme de certains …
Naufrage de la vieillesse, haine et vengeance, humiliations diverses, remords, folie de la violence …
Ceux qui cherchent du réconfort devront passer leur chemin !
En expert de l'âme humaine, JC Mourlevat sait que cette vision amère de l'homme servira égoïstement à ses lecteurs pour se rassurer sur eux mêmes. Les retournements de situation s'y ajouteront pour rendre la lecture aussi délectable qu'une tasse de thé accompagnée de shortbreads. 
Au jeu de “quelle nouvelle as tu préféré ?”, je réponds : “Ouessant”, pour moi sans conteste la plus dure. Qu'y a-t-il de pire, pour un enfant que de voir son père traité de bon à rien et d'être obligé de constater par la suite que ce père n'a effectivement rien réussi dans sa vie ? Terrible.
Recueil édité en jeunesse mais tout public. A ne pas lire trop jeune car les chutes sont parfois assez subtiles.
Encore une lecture conseillée par Olivier, merci !
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dimanche 17 mars 2013

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire de Jonas Jonasson

trad. Caroline Berg, poche pocket, 2012, 7,70

Cet article a été rédigé par Annie, ma mère, grande lectrice et enthousiaste à propos 
de ce roman !  
Merci à elle qui sait si bien partager les bonnes choses ;o)
Alors dès que j'ai le temps, je le dévore ...

Un livre original, au grand pouvoir d'évasion par son sujet et son exposition.
Deux volets concernant le principal personnage, Allan Karlsson :
  • une histoire actuelle, rocambolesque, type polar (à la suite de son évasion de sa maison de retraite, par la fenêtre de sa chambre, le jour anniversaire de ses 100 ans !)
  • des histoires picaresques -quasiment délirantes- à travers l'Histoire avec un grand H, vécues tout au long de sa vie par étapes chronologiques et liées à ses qualités d'artificier émérite qui l'amèneront à côtoyer les grands de ce monde
On ne s'ennuie pas, le style est adapté au texte. Peut être, tout petit bémol, une fin un peu longuette.
Le livre m'a plu aussi parce qu'il m'a fait rire.

mardi 12 mars 2013

L'obscure mémoire des armes de Ramon Diaz-Eterovic

Ed. Métailié, coll. Noir, trad. Bertille Hausberg, 2011, 278 p., 19€
J'ai retrouvé avec grand plaisir Heredia, le privé désabusé et son chat Simenon (avec lequel il devise en buvant du whisky) que j'avais rencontrés dans deux autres polars : ici et .
Ramon Diaz-Eterovic explore une fois encore le passé récent de son pays, le Chili, et dénonce cette fois, la protection dont bénéficient les militaires qui ont commis les pires exactions pendant la dictature du Général Pinochet. Un passé qui hante ceux qui en furent victimes, ceux qui aujourd'hui s'organisent pour que justice soit enfin rendue ...
Sous prétexte qu'il faut "regarder vers le futur et que personne ne veut plus entendre parler de tout ça", que "les responsabilités sont partagées", faut il oublier ? Oublier la sinistre villa Grimaldi où furent perpétrées les pires tortures, où disparurent plusieurs milliers de personnes ? Oublier que les assassins vivent au milieu de tous comme des citoyens respectables ?
Heredia qui se place du côté des victimes, sait que :
"- Certains pensent que les militaires ont changé ces dernières années.
- Ils se taisent et nous saluent courtoisement mais ils peuvent de nouveau montrer les dents dans l'avenir. Je n'ai pas confiance en eux. Ils sont dressés à maintenir l'ordre des puissants. Notre histoire est pleine d'exemples qui confirment mes paroles.
- A vous entendre, on dirait que vous leur gardez rancune.
- Je m'en méfie, Anselmo. Une fois déjà, ils ont foutu notre vie en l'air et ça, je ne l'oublie pas."
Le roman est émaillé de citations de poètes et de romanciers, les dialogues sont acérés et tranchants en contrepoints à la lassitude d'Heredia. Lui à qui seul l'amour donne encore le goût de vivre.
Un récit paradoxalement "punchy" pour un héros attachant mais bien las de la nature humaine.
Il faut lire absolument ce beau roman policier pour mieux connaitre le Chili d'aujourd'hui. Ramon Diaz Eterovic au sommet de son art !
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