Bienvenue à tous ceux qui aiment lire ...

Lire, pour moi, c'est échapper au quotidien tout en restant proche des hommes et de leurs réalités ...

mercredi 6 avril 2011

Mauvaise fille de Justine LEVY

Mauvaise Fille de Justine Levy - Édition Livre de poche 184 pages - 6,50 E
Tombée par hasard sur ce livre que j'avais vu au moment de sa parution en tête des ventes, je me suis laissée tenter.
Et là quelle bonne surprise!
Une fille accompagne sa mère dans sa lutte contre le cancer et apprend durant cette période qu'elle attend son premier enfant.
Certes l'histoire en elle même n'a rien de franchement "joyeux" mais l'écriture déliée, spontanée de cette jeune femme nous fait littéralement dévorer ce roman.
Personnellement très proche de cette histoire, j'ai totalement adhéré aux sentiments évoqués par l'auteure: la culpabilité de l'enfant "abandonné" et "balloté", le rapport aux médecins, la fin, et après la fin.....
Cette relation mère - fille si fusionnelle, si proche et si distante à la fois est superbement décrite par Justine Levy.
Un vrai style moderne qui me fait languir son prochain roman.


samedi 2 avril 2011

La consolante d'Anna Gavalda

2010, 634 p., 8€40, poche J'ai lu
Anna Gavalda est une romancière française à succès dont plusieurs romans ont fait l’objet d’adaptations  cinématographiques.
Sentiments partagés  pour  cet ouvrage, qui s’est révélé difficile à démarrer. Une histoire d’aujourd’hui pourtant simple, un couple qui meurt un autre qui nait, mais qui malgré tout nous embarque dans une quête de l’Autre longtemps souhaitée et attendue.
Des héros attachants qui évoluent dans deux mondes différents que rien ne rapproche vont pourtant se rencontrer.
Dans un style d’écriture très haché et chaotique et qui n’est pas toujours simple à suivre, c’est pour moi  le principal reproche que je ferai à ce roman, on tient quand même à savoir ce qu’il va advenir de notre héros perdu dans un monde actuel qui ne l’enchante plus et un passé qui le hante …. et là, on s’accroche !
Enfin on découvre avec lui un Peter Pan féminin Ecolo qui va lui accorder asile.
Un joli tour de piste des sentiments masculins juvéniles, face à la maturité naissante, mais qui, malgré tout, ne méritait pas à mon sens, ces plus de 600 pages.
A lire donc, avec patience et modération.
Elisabeth.




Aujourd'hui, c'est Elisabeth qui s'y colle !

De la diversité nait la richesse, nous le savons tous ! Chacun de nous n'a qu'un point de vue partiel des choses (et donc des livres) et "Il faut limer sa cervelle à celle d'autrui", nous conseille Montaigne, pour ouvrir son esprit. Alors, un nouveau point de vue s'exprime sur ce blog, celui d'Elisabeth ... et il est affuté ;o)
Merci de ton aide précieuse !

mercredi 23 mars 2011

Antoine et Isabelle de Vincent Borel

Sabine Wespieser Éditeur, 2010, 489 p., 24€
L'histoire démarre en 2001, en Jamaïque. Michel Ferlié, un patron issu d'une vieille famille de soyeux lyonnais, a invité quelques parisiens branchés. Un "jeune qui monte à la télé" tient un discours négationniste, face à un homme dont le grand-père fut déporté à Mauthausen ... Voilà rassemblés les ingrédients du récit.

Vincent Borel alterne alors deux récits s'étalant des années 20 à la seconde guerre mondiale, l'histoire de sa propre famille d'origine espagnole et l'histoire vraie des Gillet, grands patrons à Lyon.
Bien que d'origine très modeste, les deux familles vont faire des choix et connaitre des destins bien différents qui permettent de retracer cette période mouvementée.
Les grands-parents de l'auteur, Antonio et Isabel dont les familles ont fui la misère pour s'installer à Barcelone, vont s'y marier. Antonio deviendra communiste, se battra pour le progrès social, verra la France et l'Angleterre refuser leur aide à la jeune République espagnole, se battra contre l'armée de Franco ... jusqu'à la défaite. Alors, le jeune couple et ses enfants devra quitter l'Espagne pour s'exiler en France, arrivera de justesse à éviter les terribles camps français et Antonio, entré dans la Résistance, sera déporté à Mauthausen. Il en reviendra changé à jamais et devenu "Antoine", il emmènera régulièrement ses enfants et petits enfants visiter le camp ... devoir de mémoire !

Un canut de Lyon, grâce à son ingéniosité et sa curiosité, utilise des procédés chimiques nouveaux dans les textiles et fait fortune. Les Gillet, devenus des patrons paternalistes et durs, dès le début favorables à Hitler, vont se répartir habilement la tâche : le gendre collaborera avec les allemands, allant même jusqu'à produire pour eux du Zyklon B (pour les chambres à gaz) tandis que les frères resteront en contact avec les américains notamment en achetant des brevets de fabrication à Dupont de Nemours, ce qui leur permettra, à la libération, de produire de nouveaux textiles tel le nylon. Il fallait reconstruire le pays et ils ne seront jamais inquiétés. Quelles que soient les vicissitudes de l'histoire, leur ligne de conduite vise le profit !

Le récit de Vincent Borel se caractérise par sa grande rigueur et sa fidélité à l'histoire. Il s'en dégage au premier abord une certaine froideur car il ne décrit que rarement les sentiments de ses personnages. Cela m'a gênée mais, après réflexion, je trouve que ce choix donne de la force à son récit, en forme de nécessaire devoir de mémoire, hommage à ses grands-parents : d'un côté il y a bien eu les salauds (soutenus, en France, par l'écrasante majorité du patronat français) de l'autre les victimes et nous ne devons jamais l'oublier ...

Une courte interview de Vincent Borel :
http://culturebox.france3.fr/all/27571/un-livre-un-jour-antoine-et-isabelle-de-vincent-borel
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mardi 15 mars 2011

A propos du pseudo de Maupassant ...

Je vous avais dit que Maupassant avait d'abord publié les nouvelles de son recueil "Contes de la bécasse" dans 2 revues sous le pseudonyme de "Maufrigneuse".
Par curiosité, j'ai cherché à en trouver l'origine.
La duchesse Diane de Maufrigneuse est un personnage de la comédie humaine de Balzac ! Elle apparait dans de nombreux romans et notamment dans "le cabinet des antiques". C'est une séductrice qui ruine ses amants de la haute société ... Brrrr !

Le treizième conte de Diane Setterfield

Pocket, 2006, 562 p., 7.50€
Déception. Voilà le seul mot qui me vient à l'esprit.
J'avais lu des articles enthousiastes sur plusieurs blogs littéraires, c'est pourquoi je l'ai acheté ... mais un ennui incommensurable m'est tombé dessus à la page 108 exactement ! J'ai bien failli abandonner et c'est cahin caha que j'ai fini ce roman un peu gothique, un peu anglais, un peu psychologique, un peu abracadabrant et surtout vide.
Les personnages évoluent dans un contexte inconsistant, l'auteure les veut originaux voire extravagants mais, pour moi, ils ne sont qu'insipides et sans intérêt. Tout cela se joue dans une ambiance étouffante et triste. Quant à l'intrigue, elle m'a laissée, déconfite, sur le bord du chemin, je n'ai même pas envie d'en raconter le début ...
Désolée,  je ne le conseille à personne même pour la plage ou les vacances ;o)
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vendredi 4 mars 2011

Contes de la bécasse de Guy de Maupassant

Le livre de poche, coll. Les Classiques de Poche, couv. Claude Monet "la chasse", 1998, 2,75€
Après m'être régalée à lire "le coeur glacé", je ne savais pas sur quel livre enchaîner, il fallait un style très
différent ! J'ai opté pour un grand classique, un recueil de nouvelles que j'avais jusque là négligé parce que, étonnamment, je n'ai aucun penchant naturel pour la chasse ...
Le choc fut rude, passer du style romantique et "fleuve" de l'auteure espagnole à celui réaliste et cynique de notre grand Maupassant, c'est faire le grand écart ... Mais je n'ai pu que m'émerveiller devant la précision des descriptions, le sens du détail significatif, les chutes toujours bien amenées, la mise en évidence des travers humains : cruauté, couardise, avarice, égoîsme, méchanceté ...
Toutes les nouvelles se déroulent en Normandie ce qui donne une belle unité au recueil et si les repas de chasseurs en sont le point de départ, aucune ne concerne ces messieurs par la suite. Ouf !!!
Comme souvent à l'époque, elles ont toutes été préalablement publiées dans des revues aux titres évocateurs : "le Gaulois" et "Gil Blas" entre avril 1882 et avril 1883 (souvent sous le pseudonyme de Maufrigneuse) avant d'être réunies en recueil.
Au jeu des "préférées", "Le testament" et "Un fils" ont gagné ; la première parce qu'il s'agit de la vengeance d'une épouse opprimée par son mari et la seconde parce qu'elle nous montre des hommes faibles mais en même temps conscients de leur faiblesse et, du coup, beaucoup plus sympathiques.
Voilà, vous venez de faire connaissance avec Catie la féministe ;o)

mercredi 2 mars 2011

Le coeur glacé d'Almudena Grandes

trad. Marianne Millon, couv. D.Murtagh/Trevillion Images, le livre de poche, tome 1/2, 8€x2, 2008, 629 p.
Une lecture INDISPENSABLE ! Ne vous laissez pas impressionner par l'épaisseur des deux volumes, ça en vaut vraiment la peine !
Almudena Grandes nous offre avec ce roman la rencontre de l'Histoire avec un grand H et du destin individuel, c'est l'alchimie que je préfère en littérature car elle mêle étroitement réflexion et émotion ...
Alvaro Carrion Otero appartient à une famille madrilène de droite qui a bâti sa fortune sur l'immobilier. Raquel Fernandez Perea est issue d'une famille de "rouges", ses grands-parents et ses parents ont du s'exiler à Paris et n'ont pu rentrer en Espagne qu'après la mort du dictateur Francisco Franco en 1975. Rien n'aurait du les rapprocher mais Alvaro s'est toujours senti différent des autres membres de sa famille ...
Parallèlement à la belle histoire d'amour passion, Almudena Grandes noue une intrigue qui lui permet de retracer 70 ans d'histoire de l'Espagne à travers la vie des deux familles de bord opposé : les sombres périodes de la guerre civile, de la seconde guerre mondiale, de la dictature franquiste et l'après dictature.
A lire absolument pour connaitre le destin de ces milliers de personnes qui se battirent pour leurs idées jusqu'à tout perdre y compris la vie, pour comprendre ce que cela signifia de continuer à vivre pour les exilés républicains de 1939, ce que signifia pour eux l'incompréhensible bienveillance des démocraties européennes vis à vis de Franco à la libération, ce qu'ils ressentirent lorsque, enfin de retour en Espagne, ils comprirent que tout avait été fait pour les oublier ... Les héros du roman vérifient à leurs dépends que la vérité et le devoir de mémoire, pourtant indispensables, engendrent aussi douleur et violence. Impossible de tout dire, tant le roman offre de thèmes de réflexion et de sentiments divers tout en nuance. Si on ne peut s'empêcher d'être souvent ému à la lecture, c'est que chaque détail est inspiré de "vraies vies" et il faut absolument lire la note, émouvante, en fin de roman où l'auteur remercie  individuellement les espagnols qui ont accepté de témoigner avec beaucoup de dignité. Poignant et magnifique.
Le titre est un hommage au poète Antonio Machado, mort en exil à Collioure en 1939, qui écrivit : "L'une des deux Espagne saura te glacer le coeur". Quel bel emprunt !

Un seul (tout petit) bémol en ce qui me concerne : des phrases parfois extrêmement longues dont la structure alambiquée m'a quelque fois obligée à relire pour comprendre. Mais dans mon entourage, je suis la seule ; il faut croire qu'on peut aussi se laisser porter par ce flot passionné et bouillonnant à l'image de l'histoire de l'Espagne et des personnages du roman ;o)
Après une lecture aussi prenante, je me demande sur quoi je vais bien pouvoir enchaîner ... C'est le problème avec les "coups de coeur" !
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mercredi 23 février 2011

Les racines du ciel de Romain Gary

Folio, 494 p., 7,50€
Romain Gary a obtenu son premier prix Goncourt pour ce roman écologiste avant l'heure (le deuxième, il l'a eu pour "la vie devant soi" sous le pseudonyme d'Emile Ajar ; il est le seul écrivain a avoir eu deux fois ce prix prestigieux ... grâce à ce changement de nom qui ressemble fort à un bon tour !).
Quel magnifique roman ! Très dense, il demande un vrai effort de concentration.  Le récit en forme de flash-back donne la parole à des personnages variés, hauts en couleur et il faut suivre ! Mais on est totalement récompensé ...
Le héros, Morel, défend la cause des éléphants menacés d'extinction dans cette région qu'on appelait "l'Afrique Equatoriale Française" en 1953 et plus précisément au Tchad. Il fait signer une pétition pour obtenir leur protection mais devant son insuccès, passe à l'action illégale. Pour la petite histoire, les éléphants sont toujours menacés aujourd'hui, toujours à cause du trafic d'ivoire et de pattes ...
Pour Morel, protéger la nature c'est protéger les hommes puisqu'ils ont besoin d'elle, c'est aussi se battre pour "les racines du ciel", ces valeurs fondamentales qui font de nous de vrais êtres humains : la liberté, la solidarité, le respect de l'autre ... et ce n'est pas par hasard que Morel est un ancien résistant (lire le très beau passage de la page 205 à 211 !).

Si le nombre des personnages rend la lecture parfois difficile, il lui donne sa vraie profondeur car on connait la vie de chacun ; on trouve au fil du récit ceux qui soutiennent le combat de Morel comme Minna l'entraîneuse allemande, le major américain Forsythe, le naturaliste danois Peer Qvist, Idriss le pisteur noir ; on rencontre Waïtari qui essaie de récupérer le combat de Morel au profit du sien : l'indépendance de l'Afrique, les prêtres qui peu à peu se rapprochent de lui comme Saint-Denis, Tassin et Fargue, les aventuriers qui croisent son chemin par intérêt comme Habib et son ami De Vries, le photographe Abe Fields qui finira par l'aider à sa façon. On trouve aussi des administrateurs, des militaires qui fermeront les yeux et l'aideront car Gary fait de Morel un personnage fascinant par sa conviction, sa lucidité, son honnêteté et sa force de caractère. Morel est l'archétype du résistant à la grande âme, courageux et réaliste.
Tout Gary est là : ne jamais baisser les bras mais savoir que l'homme est son pire ennemi comme il le fait dire au major Forsythe : "Ce qui me pousse à me saouler, c'est la compagnie de mes semblables. Je peux en supporter un, le matin, deux au maximum dans la journée, mais vers quatre ou cinq heures de l'après-midi, je ne peux plus du tout en supporter et je bois."

Les racines du ciel fait partie de ces lectures indispensables qui nous engagent à nous indigner et à nous battre encore et encore. Merci Romain Gary !
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dimanche 30 janvier 2011

Comme des trains dans la nuit d'Anne Percin

Editions du Rouergue, coll. Doado, graphisme : Dorothy-Shoes, 2011, 119 p. , 9€50
Ces 4 nouvelles d'Anne Percin nous émeuvent parce qu'elles nous donnent à voir comment les jeunes se battent pour surmonter la détresse de la condition humaine, la solitude ou l'humiliation. Parfois en se trompant, parfois en tâtonnant, parfois avec tendresse mais toujours à deux et "comme des trains dans la nuit" ils cherchent à s'en sortir.
 Très beaux textes, délicats, durs aussi pour certains, avec une pointe d'humour parfois.
Ma préférée : "loin des hommes" raconte une première fois si empreinte d'étonnement, de tendresse et de poésie que j'en ai eu les larmes aux yeux. Optimisme : tout cela est à portée de nos mains, saisissons nous en !
Un auteur à découvrir.
3e bons lecteurs et tous les plus âgés sans restriction.
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La saga Mendelson, tome 1, Les exilés de Fabrice Colin

Seuil, 2009,  276 p. , 16€50
Fabrice Colin conte l'histoire d'une famille juive au long du 20e siècle en entrecoupant le récit de témoignages, extraits de la presse de l'époque, journaux intimes, lettres, dessins et photographies.
"Les exilés" commence par une préface rédigée par Doris Mendelson, une descendante de Batsheva et Isaac Mendelson, les héros du tome 1. Elle explique que c'est finalement un étranger, un "goy", Fabrice, qui se chargera de raconter la saga familiale ...
La forme originale donnée au roman le rend extrêmement vivant et tout à fait crédible, loin d'amoindrir l'intérêt du lecteur pour les destins individuels, elle leur confère une dimension historique convaincante et réaliste.
Elle nécessite cependant des compétences de lecture bien maîtrisées et je conseillerais le livre aux ados à partir de la 4e très bons lecteurs /3e et aux adultes sans restriction !
Le premier tome nous plonge dans l'inhumanité de l'antisémitisme du 19e siècle et du début du 20e, nous voyageons  d'Odessa à Vienne puis New York ... Les personnages sont de sang et d'os, ils luttent pour leur survie et nous tremblons pour eux.
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Où se perdent les hommes de René Frégni

Denoël, Folio, 2000, 184 p., 5€10

Ralph, écrivain, anime un atelier d'écriture à la prison des Baumettes à Marseille. Récemment séparé, noyé de solitude, il fait la connaissance d'un détenu, Bove. Bove est incarcéré pour le meurtre de sa femme qu'il a aimée passionnément ; complètement replié sur lui-même, il refuse tout contact avec les autres et vit dans le souvenir de Mathilde.
Patiemment, pas à pas, Ralph va apprivoiser Bove, d'abord par la peinture, puis par l'écriture et finalement par la parole aussi. La solitude du détenu, son acharnement à vivre dans le passé le fascinent, jusqu'à l'irréparable.
La description du monde carcéral avec en corollaire la souffrance de l'enfermement est très belle et sonne terriblement juste. Et pour cause ... allez voir sur : http://fr.wikipedia.org/wiki/Rene_Fregni
En contrepoint, il y a le plaisir de retrouver notre Marseille, sa luminosité, sa mer, sa vitalité ... une bouffée d'air !
Malgré une lueur d'optimisme à la fin, il vaut mieux aborder ce magnifique roman avec un moral d'acier.
Regrettable que René Frégni reste si peu connu du grand public ! C'est un grand !
Merci à Ghislaine qui me l'a fait lire.
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Hyacinthe et Rose de François Morel

Peintures de Martin Jarrie, Editions Thierry Magnier, 2010, 74 p., 31€
Cet album au format impressionnant (il est immense) raconte des souvenirs d'enfance imaginaires ou autobiographiques, le lecteur n'en saura rien.
Parfois amusants, parfois émouvants, anecdotes et souvenirs s'enchaînent tandis que la fraîcheur de l'enfance nous apporte un point de vue d'une implacable simplicité. La manière d'agir des adultes ne parait pas toujours bien logique et bien compréhensible aux enfants ... mais reste le bonheur des moments passés ensemble, des petits plaisirs de la campagne et surtout le monde magique des fleurs qu'adoraient ces grands-parents si dissemblables et qui pourtant s'aimaient tant et aimaient tant leurs petits-enfants !
L'album fait la part belle aux illustrations sous forme de monumentales peintures de fleurs, placées sur chaque page de droite, celle dont on sait que le lecteur la voit en premier. Et c'est bien cela qui m'a gênée car j'ai trouvé ces peintures parfois trop lourdes, trop travaillées, trop léchées à mon goût ... Affaire personnelle !
Il n'en reste pas moins l'ode aux grands-parents dont le rôle est, on le sait, irremplaçable.
De 9 à 99 ans.
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mercredi 19 janvier 2011

Les soeurs Brelan de François Vallejo

Viviane Hamy, couv. Francis Picabia, 2010, 19€, 285 p.
Marthe, Sabine et Judith Brelan sont sœurs jusqu'au bout des ongles : elles se comprennent par le regard, sont solidaires en toute circonstance et quand leur père meurt, elles tiennent tête au conseil de famille pour rester toutes les 3 dans leur maison familiale.
Elles ont voulu leur indépendance ? Et bien elles vont devoir dorénavant gagner leur vie et faire face seules à toutes les difficultés sans aucune aide ... telle est la menace que brandit sur leurs têtes la sinistre tante Rosie.
C'est compter sans la grand-mère Madeleine qui, bien qu'elle n'ait plus toute sa tête, sait toujours voir l'essentiel et les aide à sa manière.
A travers les vies de ces 3 femmes qui doutent parfois mais qui puisent leur force dans leur complicité, c'est à la rencontre du destin individuel avec l'histoire collective que nous assistons. En effet, les soeurs Brelan vont vivre tout un pan de l'émancipation des femmes, de l'après-seconde guerre mondiale à la chute du mur de Berlin et l'histoire, quoique discrète et seulement suggérée, est toujours là.
Chacune avec sa personnalité : Marthe est celle qui aide et soutient, Sabine celle qui veut arriver dans la société, Judith est l'idéaliste rebelle, chacune a sa façon, va vivre avec son temps et va chercher à se réaliser, avec ou sans homme ...mais en s'entraidant toujours.
Le roman est servi par une écriture alerte, qui bouge et nous bouge ... Une belle réussite !
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mardi 18 janvier 2011

Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte de Thierry Jonquet

Seuil, coll. Roman noir, 2006, 343 p. , 18€
Thierry Jonquet trace, à travers ce roman très noir, un instantané de la société française qui fait froid dans le dos.
Il montre comment la casse des services publics (hôpitaux, police, justice et éducation) contribue largement à la montée de l'intégrisme, à l'augmentation de la criminalité et des trafics et entraîne inéluctablement le désarroi de ceux qui y travaillent et se sentent impuissants.
Les personnages principaux : Lakdar l'adolescent d'une cité déshéritée, Anna la jeune prof débutante, Verdier le substitut du procureur, Laroche le commissaire de police, les caïds des cités, Slimane le jeune intégriste militant font le lien entre les différents milieux sociaux sans caricature ou outrance.
C'est le collège qui est dépeint avec le plus de justesse et la télé ne s'y est pas trompée puisqu'un téléfilm a été tiré du roman : "Fracture", dont le centre est l'établissement scolaire. Impossible pour tout enseignant de ne pas se reconnaitre dans le découragement et le désarroi de la jeune prof d'histoire / géographie ... sauf à n'avoir travaillé que dans des quartiers privilégiés !
Un roman extrêmement prenant avec une fin tragique et poignante.
Une lecture choc à recommander à tous pour que chacun s'indigne, comme nous y engage Stéphane Hessel ("Indignez vous !", ed. Indigène, 3€).
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mercredi 12 janvier 2011

Des éclairs de Jean Echenoz

Les éditions de Minuit, 2010, 174 p., 14€
Jean Echenoz dresse le portrait d'un inventeur génial, ingénieur en électricité, directement inspiré du personnage réel de Nikola Tesla (1856-1943). Dans le même style que ses 2 romans précédents "Ravel" et "Courir" sur Emile Zatopeck, qui s'inspiraient très librement de leurs biographies.
Mais ... autant ces deux personnages attiraient assez rapidement notre sympathie, autant l'ami "Gregor" comme Echenoz l'a baptisé, peine à paraître humain ! Obsessionnel de la propreté, névrosé, solitaire, n'exprimant jamais ses sentiments, fuyant la compagnie des femmes, n'aimant que les oiseaux, ne s'intéressant qu'à ses expériences, infatué de lui-même, méprisant ses collaborateurs et le commun des mortels ... le personnage n'a rien à offrir pour nous attendrir même lorsqu'il se fait exploiter par Edison ou voler par Westinghouse.
Ce portrait, très habile et trop fidèle, nous renvoie l'image d'un professeur Nimbus si antipathique que je ne me suis jamais sentie concernée par l'histoire de cet homme froid et étranger au genre humain.
Reste le portrait d'un génie, démesuré et hors du commun, qui intéressera les psy et plaira aux amateurs d'étrange.
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jeudi 6 janvier 2011

Le mec de la tombe d'à côté de Katarina Mazetti

Actes Sud, Babel, 2009, 7€50, 253 p.
Traduit du suédois par L.Grumbach et C.Marcus, couv. Susan Fox / Trevillon Images
Un paysan suédois propriétaire d'une ferme et de 24 vaches et une bibliothécaire intello et écologiste se rencontrent au cimetière. Bingo, coup de foudre !
Le "choc des cultures" est décrit avec beaucoup d'humour, tout les oppose : elle aime le sobre lui les dentelles, elle lit Lacan et lui les revues techniques sur les tracteurs, elle est de gauche lui de droite, il rêve d'une bonne cuisinière elle est adepte des plats tout prêts, elle veut des vacances au soleil lui ne s'éloigne que pour pique niquer dans la forêt voisine, elle apprécie les sorties culturelles il trime 90 heures par semaine et pique du nez dès 21h ...
Arrivé au 2/3 du roman, on se met à attendre quelque chose qui ne viendra jamais, comme une action insensée, un deus ex machina, une inondation, un cyclone, un tremblement de terre ... Que cet amour soit impossible, on le sait comme les protagonistes d'ailleurs, depuis le début du roman mais pourquoi avoir fait durer l'histoire si longtemps ? Dommage, mais allez, ne négligeons aucune occasion de rire un bon coup !
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dimanche 2 janvier 2011

Un père lointain d'Antonio Skarmeta

Grasset, 2010, 10€, 131 p.
Un bonheur de lecture, petit roman frais comme une fenêtre ouverte sur le jour qui se lève ! Une histoire toute simple, empreinte de générosité et d'humanité dans un village perdu du Chili.
Jacques retrouve, totalement par hasard, la trace de son père Pierre.
Pierre, le français qui a abandonné quelques années auparavant son fils et sa femme pour retourner à Paris. Que va faire le jeune instituteur de cette découverte douloureuse pour son entourage et pour lui-même ?
 Dans un style dépouillé, Skarmeta nous laisse deviner et imaginer les sentiments qui agitent son héros. Jacques exprime ce qu'il ressent par ses actes, ses attitudes, ses non-dits et ... accessoirement quelques rares mots ! Et Skarmeta tisse doucement les péripéties de son récit en mettant leur sens en exergue.
Tranches de vie populaire, dialogues empreints d'humour, moments d'émotion ... De la dentelle je vous dis !
A.Skarmeta a reçu le Prix du livre de jeunesse sur la tolérance, décerné par L'UNESCO en 2002, pour l'album de littérature jeunesse "La rédaction" (magnifique, je vais le relire !) et le prix Médicis Étranger pour "La noce du poète" en 2001. Pour en savoir un peu plus sur lui : http://www.bibliomonde.com/auteur/antonio-skarmeta-182.html.

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Replay de Ken Grimwood

Editions du Seuil, coll. Points, 8€, 431 p.
J'avais lu pas mal de bonnes critiques sur les blogs littéraires mais j'ai été bien déçue ! 
Tout d'abord, l'histoire : Jeff Winston meurt d'une crise cardiaque à 43 ans et ... se réveille à 18 ans. Il va pouvoir ainsi recommencer sa vie plusieurs fois (c'est ça le "replay"). 
Il est d'abord attiré par la bamboche, les drogues, la richesse et le bling bling, ensuite la vie de famille, puis il essaie de rendre le monde plus juste mais se rend vite compte que c'est mission impossible. Au cours d'une de ses vie, il rencontre une cinéaste qui, elle aussi, a droit au "replay". Bien sûr, ils tombent amoureux et je vous passe les difficultés pour se retrouver chaque fois qu'ils changent de vie ! Mais leur amour non plus ne durera pas ...

A l'instar des deux héros, j'ai senti une certaine lassitude face à cet éternel recommencement et à la vacuité de leurs vies ... Tout ça pour en arriver à la conclusion que ce sont nos choix qui donnent de l'intérêt à la vie, qu'on est seul et qu'il faut vivre pour soi ! Merci bien, j'ai vu plus optimiste et généreux, j'ai eu l'impression d'avoir perdu mon temps à lire 431 pages pour en arriver là.
Roman le plus décourageant de l'année 2010, à réserver aux désenchantés ;o)
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samedi 1 janvier 2011

Que 2011 rime avec santé, amour, succès ! Encore mieux que 2010 !

Souhaitons nous beaucoup de belles surprises littéraires, des découvertes ébouriffantes, des lectures qui nous transporteront, des révélations d'écriture, du plaisir à toutes les pages ! Et tant qu'on y est, que la grâce littéraire touche la classe dirigeante et la mène vers un monde plus juste ;o) Si, par un malencontreux hasard, tel n'était pas le cas, rappelons nous que "Une heure de lecture est le souverain remède contre les dégouts de la vie". (Montesquieu)