Bienvenue à tous ceux qui aiment lire ...

Lire, pour moi, c'est échapper au quotidien tout en restant proche des hommes et de leurs réalités ...

jeudi 19 janvier 2012

Le premier qui pleure a perdu de Sherman Alexie

trad. Valérie Le Plouhinec, Albin Michel, coll. Wiz, 2008, 280 p., 13€
Junior est un indien Spokane qui vit avec sa famille dans une réserve, aux Etats Unis, dans l'état de Washington.
Il accumule les handicaps : né hydrocéphale, maigrichon, porteur de lunettes, il ne fait pas ses 12 ans et pourtant ne se départit jamais de son optimisme viscéral et de son sens de l'humour. Victime des moqueries des autres, Junior a un seul ami, Rowdy, révolté de la vie !
Junior est le meilleur élève du collège et il comprend vite que s'il ne quitte pas la réserve, il n'aura pas d'avenir. Il décide de tout faire pour aller au lycée de Reardan, un "lycée pour les blancs", y sera-t-il accepté et comment sera-t-il accueilli ?
Dans ce roman largement autobiographique, à la manière d'un journal intime,  l'auteur nous fait comprendre deux choses. D'abord, paradoxalement, c'est sa différence qui va  permettre à Junior de quitter la réserve pour aller étudier dans un "bon" lycée. Il n'a pas grand chose à perdre : il est déjà différent des autres enfants indiens qui l'ont marginalisé ; il a l'habitude d'être rejeté et de ne compter que sur lui-même.
Ensuite, Sherman Alexie, crée un contraste : il utilise le style "cool", habituel dans la littérature jeunesse américaine (et l'humour) tandis qu'il avance sans concession le thème de la différence de classes et des inégalités sociales. Il raconte l'alcoolisme dans sa tribu, les morts violentes, la grande pauvreté, l'hostilité des siens qui le considèrent comme un "traitre" mais aussi la solidarité, la générosité de certains, sa volonté inébranlable de s'en sortir ... Et il montre combien il est difficile d'échapper à son milieu, combien rien n'est prévu pour aider des jeunes comme lui, combien tout dépend des individus qui acceptent (ou non) de lui donner un coup de main. Loin du mythe du pays de la liberté et de la chance pour tous, le roman, plein d'humour mais ancré dans une réalité impitoyable, transpire la solitude de celui qui est pauvre et appartient à une minorité.
Une lecture indispensable.
Le roman a obtenu le National Book Award en 2007. Sherman Alexie a aussi écrit pour les adultes.
@@@@@

vendredi 6 janvier 2012

Lire est le propre de l'homme

L'école des loisirs, 2011, 187 p., gratuit oui, GRATUIT
Cinquante auteurs de livres pour l'enfance et la jeunesse disent très brièvement comment ils sont venus à la lecture, ce qu'elle représente pour eux et quel est son avenir ainsi que celui du livre ...
Un tout petit livre délicieux ! Une lecture "flash" ! On peut "piter" dedans à volonté !

J'ai  particulièrement aimé le "j'aime j'aime pas" de Marie Desplechin, "Yvette" de Malika Ferdjoukh amenée à la lecture de façon inattendue et généreuse, le vibrant appel à la résistance et à la défense du livre de Sophie Chérer parce que je suis entièrement d'accord avec elle,  "Fromage et dessert" de Colas Gutman parce que, lisez :
"Moi je préférais regarder la télé ... Seulement voilà, un jour, je me suis mis, moi aussi, à écrire et j'ai compris ce qu'il y avait dans les livres : des êtres humains. Et ça, les êtres humains, on ne peut pas être complètement
contre ! Bien sûr il y en a qui nous ennuient profondément, mais, si vous ne pouvez pas refermer un être humain, refermer un livre, c'est facile." ...
Et aussi "Madame pourquoi t'écris" de Nathalie Kuperman à qui un petit élève a dit : "Vous écrivez pour qu'on sache qu'on n'est pas tout seul"... et elle n'a pas trouvé de meilleure raison depuis.
Sans oublier le merveilleux dessin de Mario Ramos à la page 111.
Et vous finirez bien sûr en vous demandant à votre tour pourquoi vous lisez ;o)
Si vous voulez vous le procurer gratuitement pour passer un bon moment.

 

mercredi 4 janvier 2012

Comment (bien) gérer sa love story d'Anne Percin

Editions du Rouergue, 2011, 244 p., 13,50€
Attention HUMOUR !
Suite des aventures de Maxime, l'année de son Bac S (pour le tome précédent voir). Il a fort à faire avec une petite copine au caractère affirmé, une guitare Fender, un enfant atteint du syndrome d'Asperger, un smartphone de contrebande et une petite sœur qui réclame sans cesse de l'aide pour ses devoirs ... Notre héros cherche sa voie mais ne perd jamais le nord et encore moins son sens de l'humour !
Voilà, en vrac, mes récriminations : j'ai eu parfois l'impression que l'histoire partait dans tous les sens et j'ai quelque peu cherché un fil conducteur ; on trouve moins de références musicales que dans le tome 1, dommage pour ma playlist rock ; enfin, le roman finit brutalement, comme si l'auteur ne savait pas vraiment comment se sortir de là, l'issue se résumant à ... l'urgente nécessité d'un tome 3, à paraitre.
Malgré ces critiques, je dois reconnaitre que j'ai souvent souri et que j'ai passé un bon moment de lecture !
@@@@@

vendredi 30 décembre 2011

Beatus Ille d'Antonio Muñoz Molina

Points, 1989, trad. Jean-Marie Saint-Lu, 388 p., 7,50€
Un jeune étudiant, Minaya, découvre le manuscrit d'un certain Jacinto Solana, tué par les franquistes en 1947. Fasciné par l'écrivain et obligé de s'éloigner de Madrid (il vient de faire un séjour dans les geôles franquistes suite à une manifestation d'étudiants), il s'installe chez son oncle, Manuel, qui fut l'ami de Solana et essaie de reconstituer la personnalité et le destin du poète. Plus il interroge les survivants de la guerre civile, plus il découvre de documents et plus le personnage de Solana devient complexe, profond. Son entourage révèle des faiblesses, des tourments et des lâchetés que tous aimeraient oublier. Les énigmes s'accumulent ...
Beau roman à la construction très travaillée. J'ai eu du mal à entrer dans cette lecture ; d'abord parce que le style aux phrases longues et compliquées, parfois poétique, m'a souvent obligée à relire pour comprendre ; ensuite parce que la plupart des personnages sont torturés, malheureux et, au final, misérables qu'ils soient d'un bord ou de l'autre. Et pour finir, parce que la période de la guerre civile et du franquisme est terrible et que le roman montre parfaitement comment les destins individuels sont broyés.
Cependant ...  la fin, magnifique ode à la création littéraire et à la littérature redonne des ailes ! Merci à toi Stéphanie, qui me l'a offert.
Honnêtement, je pense que je suis un peu passée à côté du roman. Parce qu'il y a des moments où je suis plus ou moins réceptive à une ambiance, à un style, à certains personnages ... Ma période actuelle exige de l'optimisme, de l'énergie et des personnages positifs ... Allez, c'est décidé, je vais faire un tour du côté de la littérature jeunesse, quand on est addict, on est addict ;o)
@@@@@

 

dimanche 4 décembre 2011

Voix endormies de Dulce Chacon

Plon, 2004, 394 p., 21€
Lors de sa publication en 2002, le roman de Dulce Chacon a reçu le prix du Livre de l'année en Espagne. Une reconnaissance bien méritée car, tout comme Almudena Grandes pour "le coeur glacé", l'auteure a écouté de nombreux témoignages pour écrire un roman empreint d'un réalisme et d'une intensité profondément émouvants.
En 1939, se retrouvent dans la prison de Ventas, à Madrid, des femmes incarcérées pour délit politique : elles se sont battues du côté des républicains, elles ont eu le seul tort d'avoir des membres de leur famille enrôlés dans la guerilla, elles sont des militantes du parti communiste, elles ont eu un geste considéré comme hostile par les phalangistes ... Certaines ont été brutalisées lors des interrogatoires, toutes connaissent la faim, le froid, les humiliations de la part des gardiennes et n'ont droit aux visites de leur famille qu'une fois par an. Elles vont rester emprisonnées pour de longues années. Mais elles se battent pour garder leur dignité en développant une solidarité active entre elles, en partageant le peu qu'elles ont et en essayant de garder espoir. Espoir que les alliés, une fois la guerre contre les allemands gagnée, viendront chasser le dictateur Franco du pouvoir et qu'ils les aideront à réinstaurer la république et la démocratie.
On sait combien les espagnols progressistes seront déçus puisque les alliés ne lèveront pas le petit doigt pour eux !
De beaux portraits de femmes, un texte vivant et qui donne une idée précise de la violence avec laquelle s'est exercée la dictature franquiste.
Tu as bien fait, Marie, de me le conseiller ! Je viens de le prêter à mon professeur d'espagnol !
@@@@@

 

vendredi 11 novembre 2011

Pétition contre l'augmentation de la TVA sur le livre ...

Le texte pourrait être plus précis et plus clair mais la cause est juste ! Bougeons !
signer là