Bienvenue à tous ceux qui aiment lire ...

Lire, pour moi, c'est échapper au quotidien tout en restant proche des hommes et de leurs réalités ...

mercredi 28 août 2019

Le royaume de Pierre d'Angle de Pascale Quiviger

tome 1, L'art du naufrage, Rouergue, coll. épik, 2019, 482 p. , 16€90
Un petit régal !
Beaucoup d'action, de beaux personnages, des héros et des méchants, un style fluide et des thèmes intéressants.
Ce premier tome prometteur met en place le monde de Pierre d'Angle, un monde qui semble appartenir au Moyen-Age, un monde où pointent la magie mais aussi les inégalités sociales, les injustices, la guerre et les conflits d'intérêt. Bref, un monde qui ressemble diablement à notre monde actuel. Il faut croire qu'il reste encore des progrès à faire depuis le Moyen-Age ...
Et puis il y a le personnage d'Ema, une étrangère qui vient d'une île aux conditions de vie terrible d'où elle échappe un jour à sa condition d'esclave. Passagère clandestine sur le bateau du Prince Thibault, elle va se surpasser pour se faire accepter et montrer des qualités exceptionnelles.
Un très beau personnage qui nous rappelle que les réfugiés qui arrivent à nos portes peuvent nous aider bien plus que ce que nous pensons et sont eux aussi porteurs de progrès.
 Il est bon de le rappeler !
Les héros ne se ressemblent pas tous, certains se révèlent dans l'action et la nécessité quand d'autres ont tout de suite montré leurs qualités. Mais tous se surpassent pour l'intérêt commun, s’entraident et se soutiennent.
Une bien belle base de réflexion pour les ados.
Bientôt la suite ...
Très belle couverture !
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Un si beau diplôme de Scholastique Mukasonga

2018, Gallimard, 185 p., 18€
Encore un beau témoignage de l'autrice (mince, ça m'énerve d'utiliser ce terme auquel je préfère mille fois auteure qui, parait il, ne correspond pas à la morphologie de la langue ; on dit acteur/actrice donc auteur/autrice ... Pfou !!!!).
Après son enfance au Rwanda, elle raconte maintenant son itinéraire de jeune femme. Ses parents pressentant l'arrivée prochaine de violences terribles contre les tutsis, envoient Scholastique étudier au Burundi. Elle a décidé de devenir assistante sociale mais va devoir se battre avec opiniâtreté pour parvenir à ses fins.
Études brillantes dans un établissement religieux où les tutsis pauvres sont bien mal considérés, internat sinistre sans personne pour l'accueillir pendant les vacances, impossibilité d'exercer ensuite au Burundi, solitude et mépris constituent le lot quotidien de cette exilée douée.
Enfin un diplomate hollandais l'emploiera puis suivront d'autres jobs pour des ONG jusqu'à l'arrivée en France (avec son mari français), l'eldorado ... où elle devra reprendre entièrement ses études pour obtenir ENFIN "un si beau diplôme", celui qui lui permettra d'exercer son métier.
Il faut lire les romans de S. Mukasonga, marqués par l'amour de son pays le Rwanda, par le souvenir des terribles évènements qui entraînèrent la mort de toute sa famille et par le goût des détails de la vie quotidienne. Un mélange dont se dégagent mélancolie et combativité à la fois, illustrant une personnalité hors du commun.
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Jours sans faim de Delphine De Vigan

Un petit livre de poche de seulement 124 p., pour lequel l'autrice a visiblement largement puisé dans son propre vécu, même si les noms ont été changés.
 Pudeur, retenue mais aussi violence des mots, cruauté des propos et des descriptions nous rappellent que nous vivons dans un monde dur où il ne fait pas bon être différent, trop sensible ou mal entouré par son milieu familial. L'anorexie est un lourd tribut aux douleurs de vivre. Terrible maladie contre laquelle le combat est rude.
Ce premier roman, publié en 2001, laissait déjà palpiter tout l'univers de D. De Vigan, sa délicatesse, sa franchise, son audace et sa chaleur humaine. A mettre en relation avec "Rien ne s'oppose à la nuit" dans une construction autobiographique.
Un très court mais très émouvant moment de lecture où les mots sonnent justes.
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 Jours sans faim

La guerre des pauvres d'Eric Vuillard

Actes Sud, coll. un endroit où aller, 2019, 68 p.
Ce n'est pas un roman mais un "récit", il est nécessaire de le préciser sinon la concision du texte qui s'attache surtout aux faits pourrait décevoir. Hélas, il ne reste que peu de témoignages sur un pan d'histoire que les vainqueurs se sont empressé de jeter aux oubliettes ...
En 68 pages, il faut concentrer sa pensée et savoir exactement où amener celui qui lit. De ce point de vue, l'objectif est parfaitement atteint et cet ouvrage une réussite.
Eric Vuillard nous fait découvrir la guerre des paysans en Allemagne au 16e siècle, initiée par Thomas Müntzer, fils de paysan et devenu prédicateur à Zwickau car il aimait lire et réfléchir.
Müntzer eut le tort de penser que tous les hommes étaient égaux et libres aux yeux de Dieu, qu'il n'y avait pas d'intermédiaire entre Lui et les hommes, que l'on pouvait dire la messe en allemand et non en latin et qu'il était bon que les nobles et les riches se conforment aussi à la loi divine. Ces derniers ne le lui pardonnèrent pas, ils exterminèrent des villages entiers et torturèrent et tuèrent Thomas, finissant par empaler sa tête sur une pique. Ils avaient le sens de l'exemple !
 Il y eut d'autres soulèvements populaires au 16e siècle et par la suite, tous réprimés dans le sang avec férocité, bien entendu, y compris au Pays Bas et en Angleterre.
Le parallèle avec les gilets jaunes semble clair, de tous temps eurent lieu des soulèvements populaires, souvent violents car "Les exaspérés sont ainsi, ils jaillissent un beau jour de la tête des peuples comme les fantômes sortent des murs" ... Et la répression s'exerce toujours.
Et puis il y a de très beaux passages, au style éblouissant. Sur la mort de Thomas coururent toutes sortes de rumeurs, il aurait renié ses idées notamment. Voilà ce qu'en dit l'auteur :
"Ces légendes scélérates ne viennent courber la tête des renégats qu'au moment où leur est retirée la parole. Elles ne sont destinées qu'à faire tinter en nous la voix qui nous tourmente, la voix de l'ordre, à laquelle nous sommes au fond si attachés que nous cédons à ses mystères et lui livrons nos vies".
Passionnant.
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Les gratitudes de Delphine de Vigan

JC Lattès, 2019, 172 p., 17€
Delphine de Vigan, je l'ai peut être déjà dit sur ce blog, fait parti des auteurs, peu nombreux, qui savent délicatement faire naitre l'émotion et remercions la mille fois pour cela.
Peut être y arrive-t-elle tout simplement parce qu'elle aime profondément ses personnages, peut être parce que son style simple ne triche pas avec les sentiments, peut être parce qu'elle sait que le moteur de nos relations aux autres réside dans cette sensibilité et cette empathie. Cela ne plait pas à tout le monde, certains y trouvent de la facilité et préfèrent des textes plus durs. Moi je marche !!!!

Michka commence à souffrir de troubles neurologiques, les mots manquent parfois tant à cette ancienne journaliste qu'elle en devient parfois confuse. Quand le parfois se transforme en souvent puis à chaque phrase, l'entrée en EHPAD devient indispensable.
Marie est là, auprès d'elle ... Enfant elle allait se réfugier chez Michka quand sa mère disparaissait plusieurs jours ou n'était pas en état de s'occuper d'elle. Une complicité est née entre toutes les deux, une complicité qui n'a jamais cessé depuis.
Marie vient souvent voir Michka, sa façon à elle de la remercier pour l'aide qu'elle lui a apporté quand elle était enfant.
Mais Michka elle aussi doit remercier quelqu'un et maintenant cela urge, elle doit le faire avant de ne plus en être capable ...

Dans ce roman, on lit de belles phrases comme "Vieillir c'est apprendre à perdre" qui a beaucoup plu à ma mère, 90 ans cette année.

Un texte au plus près de son personnage principal, qui parlera aux plus de 60 ans, aujourd'hui déjà nombreux dans notre population.
Je lui donne un prix littéraire, le prix de l'humanité !
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La nouvelle de Cassandra O'Donnell et Les inoubliables de Fanny Chartres

L'un raconte l'arrivée au collège d'une jeune syrienne, l'autre l'entrée au lycée d'un groupe d'élèves étrangers (EANA).
Tous enfants “allophones” aux pays d'origine différents. Les deux romans décrivent la même nostalgie du pays quitté, la solitude et la souffrance qui guettent celui qui parle peu français, l'incompréhension face aux différences d'habitudes, de nourriture et l'hyper sensibilité à l'attitude des autres.
Alors que les lycéens des Inoubliables forment petit à petit un groupe soudé et solidaire, la jeune syrienne de La nouvelle va rencontrer l'amitié du jeune Gabriel qui l'aidera au quotidien.
Mais aucun n'oubliera que “celui qui ne sait pas d'où il vient ne peut savoir où il va” …
A avoir en CDI de collège.
La nouvelle, C. O'Donnell, Flammarion Jeunesse, 2019
Les inoubliables, F. Chartres, Ecole des Loisirs, 2019

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dimanche 16 juin 2019

Arab Jazz de Karim Miské

Points, 2014, 7,60€
Tout le charme de ce polar tient dans ses 3 personnages principaux tous totalement atypiques, ce qui d'ailleurs les rapproche.
Ahmed Taroudant vit en marginal, il ne lit que des polars et suite à un traumatisme ne travaille pas.
Rachel Kupferstein et Jean Hamelot, flics cinéphiles et torturés, fonctionnent en binôme, totalement à l'écart de leurs autres collègues.
Ces trois oiseaux rares, non conformistes, totalement en décalage avec leur milieu mais aux idées justes et finalement généreuses vont s'unir pour élucider une enquête ... où les intégristes religieux de tous bords trafiquent dans un bel ensemble spirituel ;o)
Une idée originale, un zeste d'anti religion qui fait du bien.
A lire !
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mardi 14 mai 2019

Ce pays que tu ne connais pas de François Ruffin

Les Arènes, 2019, 215 p., 15€
Un brûlot qui fait du bien ! Une saine indignation !
Ils ont grandi derrière les grilles du Lycée La Providence, à Amiens.
Mais très vite, tout les a séparé ... Quand l'un choisit les hautes sphères de la politique et de la finance, l'autre devient journaliste et se bat contre les inégalités sociales, au plus près des gens modestes.
L'un s'enrichit chez Rothschild, l'autre gère à grand mal son journal Fakir.
L'un est sélectionné pour les "Young leaders" américains, est invité au groupe de Bilderberg et une voie royale s'ouvre devant lui, parrainé par de grands chefs d'entreprise et les hommes politiques de poids, tout lui réussit.
Ruffin, lui, va au devant des gens, défend les licenciés économiques, mouille la chemise pour Fakir, avec de grands moments de découragement. Il donne la parole aux pauvres, aux laissés pour compte, aux Monsieurs Toutlemonde. Certains témoignages retranscrits dans le livre sont émouvants et touchants.

Mais si on parle de Macron comme d'un intellectuel, qu'a-t-il écrit ? Que laisse-t-il comme réflexion, participation à l'évolution de notre société ? Rien, pas de thèse, pas d'essai, un seul livre falot publié pour les nécessités de sa campagne électorale. Un grand creux, de la poudre aux yeux, de la culture esbroufe.
Au delà de ces itinéraires totalement opposés, F.Ruffin montre la collusion (internationale) du pouvoir politique, des grands chefs d'entreprise, des banquiers et du monde des médias. On le savait déjà mais il cite des noms, donne des exemples précis. Et c'est vertigineux.
C'est fou comme les possédants sont cohérents et organisés, comme ils ne laissent rien au hasard et planifient, entretiennent, gèrent leur pouvoir collectivement.
Et face à eux, une gauche toujours divisée, toujours fragile depuis tant d'années et partout dans le monde ...
Alors quand d'un coup les gilets jaunes montent au créneau, applaudissons ! Allez voir le film de F. Ruffin et G. Perret "J'veux du soleil" ... La première des violences, c'est les conditions de vie faites aux pauvres gens.
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dimanche 29 juillet 2018

Les héroïnes de cinéma sont plus courageuses que moi de Guillaume Guéraud

Ed. du Rouergue, coll. la Brune, 2018, 18,80€, 185 p.
D'abord hymne au cinéma, à sa richesse, à l'épanouissement et la construction personnelle qu'il permet (et a permis à l'auteur lui même), le texte présente des héroïnes de films qui ont marqué l'auteur par leur personnalité, leur rôle social ou l'image de la femme qu'elles ont véhiculée.
De sa lointaine parente, ouvrière des usines Lumière à la "fantaisie impliquante" qui lui fait voir une ressemblance physique frappante entre son amie et l'actrice Jessica Chastain, l'auteur rend hommage aux femmes et au cinéma : " Le cinéma m'a appris un tas de choses quand j'étais môme, comme l'amour et la mort et tout ça, ouais, c'est au cinéma que j'ai vu la première fois des gens mourir, des gens s'embrasser, des gens tuer ou s'aimer ou danser mais le cinéma ne m'a pas appris à être courageux ..."
Il s'insurge aussi et, avec beaucoup d'humour et une grande culture, attire notre attention sur ces injustices de la société qui se reflète dans l'histoire du cinéma comme dans les films eux mêmes.
Un OVNI délicat et très original qui se lit avec délectation !
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L'amie prodigieuse tome 4, l'enfant perdue d'Elena Ferrante

Trad. Elsa Damien, Gallimard, coll. du monde entier, 549 p., 2018, 23,50€
Un récit qui continue d'embarquer le lecteur. Je me suis demandée pourquoi je dévorais avec autant de plaisir cette saga ...
Bien sur, Naples et le contexte politique et social de l'Italie constituent une riche toile de fond. Les personnages se sont tous engagés à un moment de leur vie et offrent un panel complet des courants politiques, de l'extrême droite à l'extrême gauche terroriste des années 70.
Leur engagement a modifié le cours de leur vie et parfois aussi celui de leur famille et de leurs amis.
Il y a ceux qui s'en sont sortis, restant fidèles à leurs idéaux de jeunesse ou les ayant trahis par intérêt financier ou désir de pouvoir. Il y a ceux qui ont tout sacrifié, au prix de leur vie ou de leur liberté.
Il y a aussi ceux qui ont tout de suite choisi leur intérêt et ont servi la mafia.
Il y a de beaux portraits, d'autres moins beaux mais tellement réalistes et terriblement humains.
Mais au premier plan, passées à la loupe, ce sont les relations entre les personnages, les portraits, les analyses de sentiments et d'émotions qui m'ont happée.
Souvent complexes et subtiles, les descriptions des émotions trouvent un écho profond en chacun de nous. L'amitié entre Lila et Elena, comme tous les sentiments forts, est un esquif fragile qui vacille entre amour et jalousie.
Ce qui fait dire à Elena : "Tout rapport intense entre des êtres humains est truffé de pièges et, si on veut qu'il dure, il faut apprendre à les esquiver. C'est ce que je fis en cette circonstance aussi : je finis par me dire que ce n'était qu'une énième preuve de la nature à la fois splendide et ténébreuse de notre amitié, ainsi que de la douleur intense et compliquée de Lila, qui durait encore et durerait toujours."
J'ai souvent pensé à "La princesse de Clèves" justement pour cette faculté de l'auteure à s'enfoncer finement dans la psychologie de ses personnages, sans ennuyer le lecteur une fraction de seconde et en sachant l'aider à reconnaitre en lui même de tels sentiments.
Donc aucune usure ou lassitude au terme de ce 4e volumes, rempli de ce qui a fait la vie des femmes de ma génération et de mon milieu : droits des femmes, disparition des idéaux de gauche, relations avec les hommes, rôle de mère, relations au travail ... Tout ce qui a fait de nos vies un lieu de questionnements et de doutes.
Un coup de cœur, naturellement !
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Ojos de aguja, antologia de micro cuentos

Un recueil de très courtes nouvelles en espagnol, d'auteurs du monde entier, de Kafka à Frederic Brown  (en traduction) en passant par les auteurs espagnols et d'Amérique Latine, Juan Carlos Onetti, Gabriel Garcia Marquez, Julio Cortazar et autres.
Je me suis régalée, la plupart des nouvelles ont une chute intéressante ou surprenante. Parfois humoristique parfois tragique, parfois philosophique ... on trouve dans le recueil toute la variété du style, fantastique, psychologique, réaliste et tous les tons, grinçants, humoristique, dramatique etc.
Un bonbon plein de finesse, d'intelligence et de diversité.

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Autobiographie d'une courgette de Gilles Paris

J'ai lu, 2003, 5,80€, 254 p.
Icare, devenu orphelin par accident, se retrouve dans un foyer. Et au final, on se demande si ce n'est pas préférable vu le milieu familial.
Très sociable et optimiste, il sait nouer des liens d'affection et d'entraide très forts avec les autres enfants et les adultes à qui il a à faire. Et cela va le sauver ...
Un petit texte frais, qui ne chante pas l'air de "la vie en rose"car tout n'est pas rose dans ce foyer : les adultes ne sont pas tous irréprochables, certains enfants font preuve d'individualisme ou de jalousie, la vie parfois tourne mal. Mais Icare alias l'infatiguable Courgette, garde toujours
l'espoir et la niaque !
Tonique.
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Philibert Merlin, apprenti enchanteur de Glwadys Constant

Editions du Rouergue, 2018, 107 p., 9,50€
Philibert est le 7e et dernier enfant d'une famille de sorciers. Mais alors que tous ses frères et sœurs ont révélé des dons extraordinaires, Philibert ressemble jusque là à un enfant normal ... trop normal à son gout.
Il s'inquiète et cherche par tous les moyens à trouver son don, se mettant parfois en danger ou mettant d'autres enfants en danger.
Alertés, ses parents tentent de le rassurer. Heureusement, le hasard et la rencontre avec un nouvel ami vont l'aider dans sa recherche.
Adorable petite histoire, pleine de finesse et de tendresse, qui parlera à tous les enfants qui veulent se trouver une originalité, se distinguer dans leur fratrie. Ils réaliseront que leurs parents les aiment tout simplement comme ils sont et qu'ils n'ont pas besoin d'être extraordinaires !
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dimanche 8 avril 2018

Le silence des cloitres d'Alicia Gimenez Bartlett

trad. Olivier Hamilton et Johanna Dautzenberg, ed. Rivages, coll. noir, 2012, 493 p., 10,65€
Barcelone, de nos jours, la relique d'un Saint a disparu du couvent des sœurs du Sacré Cœur et un moine, venu pour la restaurer, a été assassiné lors du vol ...
Petra Delicado, la pétulante inspectrice quadragénaire, mène l'enquête aidée de Garzon, son adjoint. Bien entendu, ni l'un ni l'autre ne sont croyant et ce monde ouaté mais terriblement codifié leur est totalement inconnu, pire même, énigmatique.
Menée tambour battant, l'enquête nous oriente classiquement vers de fausses pistes mais la découverte du monde monastique et l'étonnement des 2 policiers devant les pratiques internes parsèment habilement le récit et relancent l'intérêt. Au passage, on découvre aussi certains pans de l'histoire de l'Espagne, pays où l’Église exerça, jusqu'à il y a encore peu de temps, une très grande influence politique et participa à la répression franquiste.
La vie personnelle de Petra qui vient de se marier pour la 3e fois ... avec Marcos dont c'est aussi le 3e mariage pimente joliment le roman.
D'autant que Petra s'interroge constamment sur la vie en général, sa vie en particulier, son rôle de belle mère et d'épouse, ses relations avec ses subordonnés (notamment la pauvre Sonia), son métier. Au fil des pages, Petra philosophe aidée par la sympathique mère supérieure Guillermina et Garzon. Une philosophie qui reste pratique, rassurez vous, mais qui soulève des problématiques que toute femme travaillant et ayant des relations humaines, aborde au cours de sa vie.
Pour se requinquer, les protagonistes ne dédaignent jamais un bon repas, un passage au bar, un petit whisky reconstituant. On voit combien les espagnols aiment sortir et manger dehors !
Un très bon polar, très enlevé grâce à la diversité des thèmes abordés et grâce à la personnalité bien trempée de son héroïne, à la répartie facile et pleine d'humour.
Et aussi très ancré dans la vie espagnole.
Et un poil anticlérical (mais juste un poil !).
Et féministe, en plus ! Tout ce que j'aime ;o))
Merci à Domie qui me l'a prêté.

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Le jour où je suis partie de Charlotte Bousquet

Flammarion Jeunesse, 2017, 185 p., 13€
Tidir, 18 ans, vit dans la campagne marocaine, entourée de femmes. En effet, son père les a laissées pour aller vivre sa vie à Agadir. 
Au village, les gens jasent et son père, ce père absent qui la connait si mal, décide qu'il est temps de la marier. Mais Idir veut choisir son compagnon et rêve de faire des études. Elle n'oublie pas que son amie d'enfance, Illi, s'est suicidée à cause d'un mariage imposé calamiteux ...
Alors, avec l'aide de sa tante, Damya, une femme émancipée qui dirige une petite coopérative agricole,Tidir s'enfuit, sac à dos, la peur au ventre, en se cachant. La jeune fille courageuse et volontaire entame un long périple pour aller participer à la marche nationale des femmes à Rabat, une marche pour revendiquer plus de libertés et de droits pour les femmes.
Le roman, loin d'être manichéen, montre habilement que les hommes souffrent aussi de la situation actuelle et que certains sont prêts à aider les femmes à conquérir leurs droits.
Une lecture ado indispensable, pour ne jamais oublier qu'il est nécessaire de se battre pour défendre sa liberté et que tout le monde est concerné car opprimer les femmes c'est opprimer toute la société.
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samedi 17 février 2018

Les attachants de Rachel Corenblit

coll. La brune, Ed du Rouergue, 2017, 187 p., 18€50
Emma vient d'obtenir son premier poste fixe de professeur des écoles. Bien sur, elle est nommée dans une école difficile, dans un quartier défavorisé. De septembre à juin, au cours de l'année scolaire, elle va découvrir ses élèves, apprendre à les connaitre, avec leurs difficultés de vie, leurs caractères, leur égoïsme d'enfant.
Elle va s'attacher à eux, eux auprès desquels elle passe tant de temps, eux auxquels elle essaie d'apprendre tant de choses. Mais chemin faisant, elle va aussi comprendre qu'elle ne peut pas les protéger de tout, qu'il faut les aider mais parfois aussi faire des compromis avec l'entourage, avec l'institution. M. Aucalme, son directeur si humain et si pragmatique, l'aidera en toute circonstance.
Moments de doute, moments où elle pense sérieusement à démissionner car elle considère qu'elle a failli à ses devoirs, moments d'émotion auprès des enfants ... et difficultés personnelles parsèment le récit, le rendant très vivant. Et surtout, beaucoup de réalisme, combien de fois me suis je dit : Ah oui, ça aussi je l'ai vécu / Ah oui, ça aussi je l'ai pensé, je l'ai ressenti !
Un beau récit, empreint de vérité.
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Zabor ou les psaumes de Kamel Daoud

Actes Sud, 328 p., 2017, 21€
Un enfant, orphelin de mère et abandonné par son père, découvre la magie de la lecture et de l'écriture ... Élevé par sa tante et son grand-père, entouré d'hommes brutaux et frustes, l'adolescent s'évade en lisant, jusqu'au jour où ayant épuisé tous les textes qui l'entourent, il se met à écrire.
Et ce faisant, sauve la vie des habitant de son village qui compte un nombre de centenaires inhabituel.
Une belle métaphore sur les pouvoirs de la littérature, libérateurs, curateurs, qui aident à se connaitre soi même, à accepter les autres etc.
Mais je suis, hélas, insensible au style de Kamel Daoud, trop métaphorique pour moi, trop touffu et finalement trop riche. Ses textes m'étouffent et j'y perds mon souffle ... je finis en lisant en diagonale.
Je le déplore d'autant plus, que l'auteur est quelqu'un de vraiment bien, engagé, sincère, honnête et partageant des valeurs humanistes.
Heureusement, il n'attend pas après moi ;o))

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La boite noire de Tonino Benacquista

folio, 2007, 2€
Des nouvelles jouissives, pleines d'humour et d'autodérision.




Un regard ironique mais qui sait se montrer tendre.
A lire sans modération (de toute façon les nouvelles sont courtes ;o)
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L'ordre du jour d'Eric Vuillard

Actes Sud, 2017, 149 p., 16€
Prix Goncourt 2017
Eric Vuillard a écrit un texte qui n'est pas de la fiction, qui n'est pas de l'histoire, qui n'est pas neutre, qui n'est pas économique, qui n'est pas que politique ... Tout comme Echenoz peut écrire un portrait à sa façon, Vuillard décrit la prise du pouvoir par Hitler et l'Anschluss de l'Autriche à sa façon.
Vus par le haut, du côté des grands patrons de l'industrie allemande et du gouvernement autrichien avec à la fin une descente vers le peuple qui suit aveuglément.
La frilosité, la couardise des hommes politiques européens de l'époque prennent aux tripes.
La démonstration est droite comme un fil à plomb, coupante comme une lame, les mots précis, les notions dégoutantes à souhait, les consciences de classe s'y alignent et sonnent juste.
"On ne tombe jamais deux fois dans le même abîme. Mais on tombe toujours de la même manière, dans un mélange de ridicule et d'effroi."
Brrrrrrr !
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La grande vie de Jean-Pierre Martinet

Ed de l'arbre vengeur, coll l'alambic, 2017, 76 p., 9€
Un tout petit bouquin qui fait rire ... jaune et qui vous prend par l'absurde, l'ironie et le désenchantement.
Petite vie étriquée, amours glauques, boulot médiocre, personnalité veule et soumise.
Adolphe Marlaud nous plonge dans l'univers trivial et médiocre d'une vie où la ligne de conduite se résume à "vivre le moins possible pour souffrir le moins possible", tout un programme, crânement assumé.
Bourré de références à divers ouvrages, plein d'humour (même s'il est vraiment noir noir noir) et de finesse, "la grande vie", on s'en rend compte bien vite, n'a rien de grand, bien au contraire.
Et le prénom du héros "Adolphe" nous renvoie à un passé pas si lointain qui fait froid dans le dos.
"La grande vie", c'est l'anti manuel de survie !!!
A lire et méditer sans modération ;o)
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RCH et maladie de Crohn : un chemin vers la guériison de Caroline Liborio

Ed. Michel Jonasz, 2017, 18€
Caroline Liborio conte son parcours, depuis le diagnostic de sa maladie jusqu'à sa "guérison", deux décennies de douleurs, d'inquiétude, de dépressions passagères, de questionnement et de recherche sur soi.
Le texte est souvent poignant et quiconque a été touché par la maladie retrouvera sans aucun doute les phases par lesquelles elle est passée et dont elle parle si bien.
Ce livre ne donne pas de conseils pratiques aux patients atteints de la maladie de Crohn ou d'une maladie inflammatoire de l'intestin, ces conseils tout le monde peut les trouver chez son médecin ou sur internet.
Ce livre rend compte d'un cheminement, à la fois dans l'univers médical et dans son propre fonctionnement psychologique, avec ses moments de désespoir mais aussi la prise de conscience que la maladie est une expérience sur soi même et peut nous faire évoluer et nous enrichir ...
Accepter n'est pas renoncer à se battre mais intégrer qu'il faut "faire avec la maladie" et avancer en s'écoutant et en gardant la foi en soi même. En s'opposant quand il le faut aux médecins, trop prompts à prendre le pouvoir sur le patient et à nier sa capacité de réflexion, à nier son instinct qui peut lui inspirer de bonnes décisions.
Pour l'auteure, le corps traduit les souffrances de l'âme et attire l'attention dessus, aide à les cerner pourvu qu'on sache l'écouter. Le corps tire la sonnette d'alarme, charge à nous de comprendre ce qu'il nous dit.
Un texte qui m'a émue, dont la dureté (les mots sont employés dans leur crudité et leur réalisme) à certains moments aide à comprendre le parcours et l'évolution de l'auteure.
Ne pas se laisser décourager ou impressionner par le titre, toute personne porteuse d'une maladie peut y puiser des éléments de réflexion qui l'aideront sans aucun doute. Une lecture qui fait réfléchir, intelligemment.
Caroline Liborio est directrice éditoriale aux Editions Michel Jonasz.
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Bonjour Père Noël de Michaël Escoffier et Matthieu Maudet

EDL, coll. Loulou et Cie, 2017, 9,70€
Album cartonné, 19x19, pour les tout petits
Le Père Noël tient à faire plaisir à TOUS les enfants. Mais pendant sa tournée, il lui arrive de ne plus avoir le cadeau souhaité. Alors il se débrouille avec les moyens du bord et bricole des jouets avec ses vêtements. Voilà qu'il se retrouve bientôt en caleçon ! Heureusement, la girafe lui donne un déguisement qui lui tiendra chaud ...
Une histoire avec une fin inattendue et pleine d'humour, une jolie occasion de rire avec les tout-petits.
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La servante écarlate de Margaret Atwood

Trad Sylviane Rué, Pavillons poche, Robert Laffont, 1987 /2017
Devant la chute impressionnante de la fécondité due à la pollution de l'environnement, une secte religieuse prend le pouvoir dans un état américain et instaure la "République de Gilead" ... qui n'a plus rien d'une république !
Interdiction de travailler pour les femmes, perte de leurs comptes en banque, dépendance totale aux hommes et priorité à la procréation pour celles qui sont encore fécondes. Voilà le prix à payer pour le sexe féminin, victime éternelle des situations de crise. Qu'on se rappelle la citation de Simone de Beauvoir : "N'oubliez jamais qu'il suffira d'une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant."
June qui a une petite fille de 4 ans essaie de s'enfuir, avec son mari. Mais ils sont interceptés et séparés lorsqu'ils essaient de passer dans l'état voisin.
June est féconde et son parcours commence dans un centre de rééducation où Lydia, la directrice, dresse les femmes à l'obéissance et prêche la bonne parole à coup de taser. Leur rôle se borne à procréer, quand elles le peuvent, et elles doivent se destiner uniquement à cela, tant qu'elles sont en âge.
Celles qui sont stériles ou trop âgées, servent comme employées de maison ou aux basses besognes.
Puis June se voit mise à disposition d'un haut dignitaire du régime, un général dont la femme est stérile. Rebaptisée Defred, du prénom du général, Fred, elle est soumise à la loi de ce couple et chaque mois, en période de fécondité, a un rapport sexuel codifié, en présence de l'épouse.
Tout un programme, ici on n'a d'activité sexuelle que pour procréer, oubliés l'amour, le désir, la liberté de choisir ... Retour à la case départ, la case de la femme soumise par la religion.
Mais au fond d'elle, June résiste, de toutes ses forces et elle n'est pas seule.
Le roman prend la forme d'un journal où l'héroïne raconte son quotidien, où elle se remémore le passé sous forme de flash backs, où elle fait part de sa réflexion, de son analyse de la situation.
Margaret Atwood n'a rien inventé : le système répressif mis en place dans la république de Gilead est directement inspiré de ce qui se passe dans le monde, actuellement et c'est bien ce qui est glaçant, ce réalisme qui à chaque page nous évoque ce que nous connaissons déjà ...
Ce roman a donné lieu à une adaptation en série, avec pour interprète principale Elisabeth Moss, remarquable. Très proche du roman, la série est fascinante.
A lire absolument
Un coup de cœur !
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