Bienvenue à tous ceux qui aiment lire ...

Lire, pour moi, c'est échapper au quotidien tout en restant proche des hommes et de leurs réalités ...

dimanche 8 avril 2018

Le silence des cloitres d'Alicia Gimenez Bartlett

trad. Olivier Hamilton et Johanna Dautzenberg, ed. Rivages, coll. noir, 2012, 493 p., 10,65€
Barcelone, de nos jours, la relique d'un Saint a disparu du couvent des sœurs du Sacré Cœur et un moine, venu pour la restaurer, a été assassiné lors du vol ...
Petra Delicado, la pétulante inspectrice quadragénaire, mène l'enquête aidée de Garzon, son adjoint. Bien entendu, ni l'un ni l'autre ne sont croyant et ce monde ouaté mais terriblement codifié leur est totalement inconnu, pire même, énigmatique.
Menée tambour battant, l'enquête nous oriente classiquement vers de fausses pistes mais la découverte du monde monastique et l'étonnement des 2 policiers devant les pratiques internes parsèment habilement le récit et relancent l'intérêt. Au passage, on découvre aussi certains pans de l'histoire de l'Espagne, pays où l’Église exerça, jusqu'à il y a encore peu de temps, une très grande influence politique et participa à la répression franquiste.
La vie personnelle de Petra qui vient de se marier pour la 3e fois ... avec Marcos dont c'est aussi le 3e mariage pimente joliment le roman.
D'autant que Petra s'interroge constamment sur la vie en général, sa vie en particulier, son rôle de belle mère et d'épouse, ses relations avec ses subordonnés (notamment la pauvre Sonia), son métier. Au fil des pages, Petra philosophe aidée par la sympathique mère supérieure Guillermina et Garzon. Une philosophie qui reste pratique, rassurez vous, mais qui soulève des problématiques que toute femme travaillant et ayant des relations humaines, aborde au cours de sa vie.
Pour se requinquer, les protagonistes ne dédaignent jamais un bon repas, un passage au bar, un petit whisky reconstituant. On voit combien les espagnols aiment sortir et manger dehors !
Un très bon polar, très enlevé grâce à la diversité des thèmes abordés et grâce à la personnalité bien trempée de son héroïne, à la répartie facile et pleine d'humour.
Et aussi très ancré dans la vie espagnole.
Et un poil anticlérical (mais juste un poil !).
Et féministe, en plus ! Tout ce que j'aime ;o))
Merci à Domie qui me l'a prêté.

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Le jour où je suis partie de Charlotte Bousquet

Flammarion Jeunesse, 2017, 185 p., 13€
Tidir, 18 ans, vit dans la campagne marocaine, entourée de femmes. En effet, son père les a laissées pour aller vivre sa vie à Agadir. 
Au village, les gens jasent et son père, ce père absent qui la connait si mal, décide qu'il est temps de la marier. Mais Idir veut choisir son compagnon et rêve de faire des études. Elle n'oublie pas que son amie d'enfance, Illi, s'est suicidée à cause d'un mariage imposé calamiteux ...
Alors, avec l'aide de sa tante, Damya, une femme émancipée qui dirige une petite coopérative agricole,Tidir s'enfuit, sac à dos, la peur au ventre, en se cachant. La jeune fille courageuse et volontaire entame un long périple pour aller participer à la marche nationale des femmes à Rabat, une marche pour revendiquer plus de libertés et de droits pour les femmes.
Le roman, loin d'être manichéen, montre habilement que les hommes souffrent aussi de la situation actuelle et que certains sont prêts à aider les femmes à conquérir leurs droits.
Une lecture ado indispensable, pour ne jamais oublier qu'il est nécessaire de se battre pour défendre sa liberté et que tout le monde est concerné car opprimer les femmes c'est opprimer toute la société.
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samedi 17 février 2018

Les attachants de Rachel Corenblit

coll. La brune, Ed du Rouergue, 2017, 187 p., 18€50
Emma vient d'obtenir son premier poste fixe de professeur des écoles. Bien sur, elle est nommée dans une école difficile, dans un quartier défavorisé. De septembre à juin, au cours de l'année scolaire, elle va découvrir ses élèves, apprendre à les connaitre, avec leurs difficultés de vie, leurs caractères, leur égoïsme d'enfant.
Elle va s'attacher à eux, eux auprès desquels elle passe tant de temps, eux auxquels elle essaie d'apprendre tant de choses. Mais chemin faisant, elle va aussi comprendre qu'elle ne peut pas les protéger de tout, qu'il faut les aider mais parfois aussi faire des compromis avec l'entourage, avec l'institution. M. Aucalme, son directeur si humain et si pragmatique, l'aidera en toute circonstance.
Moments de doute, moments où elle pense sérieusement à démissionner car elle considère qu'elle a failli à ses devoirs, moments d'émotion auprès des enfants ... et difficultés personnelles parsèment le récit, le rendant très vivant. Et surtout, beaucoup de réalisme, combien de fois me suis je dit : Ah oui, ça aussi je l'ai vécu / Ah oui, ça aussi je l'ai pensé, je l'ai ressenti !
Un beau récit, empreint de vérité.
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Zabor ou les psaumes de Kamel Daoud

Actes Sud, 328 p., 2017, 21€
Un enfant, orphelin de mère et abandonné par son père, découvre la magie de la lecture et de l'écriture ... Élevé par sa tante et son grand-père, entouré d'hommes brutaux et frustes, l'adolescent s'évade en lisant, jusqu'au jour où ayant épuisé tous les textes qui l'entourent, il se met à écrire.
Et ce faisant, sauve la vie des habitant de son village qui compte un nombre de centenaires inhabituel.
Une belle métaphore sur les pouvoirs de la littérature, libérateurs, curateurs, qui aident à se connaitre soi même, à accepter les autres etc.
Mais je suis, hélas, insensible au style de Kamel Daoud, trop métaphorique pour moi, trop touffu et finalement trop riche. Ses textes m'étouffent et j'y perds mon souffle ... je finis en lisant en diagonale.
Je le déplore d'autant plus, que l'auteur est quelqu'un de vraiment bien, engagé, sincère, honnête et partageant des valeurs humanistes.
Heureusement, il n'attend pas après moi ;o))

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La boite noire de Tonino Benacquista

folio, 2007, 2€
Des nouvelles jouissives, pleines d'humour et d'autodérision.




Un regard ironique mais qui sait se montrer tendre.
A lire sans modération (de toute façon les nouvelles sont courtes ;o)
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L'ordre du jour d'Eric Vuillard

Actes Sud, 2017, 149 p., 16€
Prix Goncourt 2017
Eric Vuillard a écrit un texte qui n'est pas de la fiction, qui n'est pas de l'histoire, qui n'est pas neutre, qui n'est pas économique, qui n'est pas que politique ... Tout comme Echenoz peut écrire un portrait à sa façon, Vuillard décrit la prise du pouvoir par Hitler et l'Anschluss de l'Autriche à sa façon.
Vus par le haut, du côté des grands patrons de l'industrie allemande et du gouvernement autrichien avec à la fin une descente vers le peuple qui suit aveuglément.
La frilosité, la couardise des hommes politiques européens de l'époque prennent aux tripes.
La démonstration est droite comme un fil à plomb, coupante comme une lame, les mots précis, les notions dégoutantes à souhait, les consciences de classe s'y alignent et sonnent juste.
"On ne tombe jamais deux fois dans le même abîme. Mais on tombe toujours de la même manière, dans un mélange de ridicule et d'effroi."
Brrrrrrr !
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La grande vie de Jean-Pierre Martinet

Ed de l'arbre vengeur, coll l'alambic, 2017, 76 p., 9€
Un tout petit bouquin qui fait rire ... jaune et qui vous prend par l'absurde, l'ironie et le désenchantement.
Petite vie étriquée, amours glauques, boulot médiocre, personnalité veule et soumise.
Adolphe Marlaud nous plonge dans l'univers trivial et médiocre d'une vie où la ligne de conduite se résume à "vivre le moins possible pour souffrir le moins possible", tout un programme, crânement assumé.
Bourré de références à divers ouvrages, plein d'humour (même s'il est vraiment noir noir noir) et de finesse, "la grande vie", on s'en rend compte bien vite, n'a rien de grand, bien au contraire.
Et le prénom du héros "Adolphe" nous renvoie à un passé pas si lointain qui fait froid dans le dos.
"La grande vie", c'est l'anti manuel de survie !!!
A lire et méditer sans modération ;o)
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RCH et maladie de Crohn : un chemin vers la guériison de Caroline Liborio

Ed. Michel Jonasz, 2017, 18€
Caroline Liborio conte son parcours, depuis le diagnostic de sa maladie jusqu'à sa "guérison", deux décennies de douleurs, d'inquiétude, de dépressions passagères, de questionnement et de recherche sur soi.
Le texte est souvent poignant et quiconque a été touché par la maladie retrouvera sans aucun doute les phases par lesquelles elle est passée et dont elle parle si bien.
Ce livre ne donne pas de conseils pratiques aux patients atteints de la maladie de Crohn ou d'une maladie inflammatoire de l'intestin, ces conseils tout le monde peut les trouver chez son médecin ou sur internet.
Ce livre rend compte d'un cheminement, à la fois dans l'univers médical et dans son propre fonctionnement psychologique, avec ses moments de désespoir mais aussi la prise de conscience que la maladie est une expérience sur soi même et peut nous faire évoluer et nous enrichir ...
Accepter n'est pas renoncer à se battre mais intégrer qu'il faut "faire avec la maladie" et avancer en s'écoutant et en gardant la foi en soi même. En s'opposant quand il le faut aux médecins, trop prompts à prendre le pouvoir sur le patient et à nier sa capacité de réflexion, à nier son instinct qui peut lui inspirer de bonnes décisions.
Pour l'auteure, le corps traduit les souffrances de l'âme et attire l'attention dessus, aide à les cerner pourvu qu'on sache l'écouter. Le corps tire la sonnette d'alarme, charge à nous de comprendre ce qu'il nous dit.
Un texte qui m'a émue, dont la dureté (les mots sont employés dans leur crudité et leur réalisme) à certains moments aide à comprendre le parcours et l'évolution de l'auteure.
Ne pas se laisser décourager ou impressionner par le titre, toute personne porteuse d'une maladie peut y puiser des éléments de réflexion qui l'aideront sans aucun doute. Une lecture qui fait réfléchir, intelligemment.
Caroline Liborio est directrice éditoriale aux Editions Michel Jonasz.
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Bonjour Père Noël de Michaël Escoffier et Matthieu Maudet

EDL, coll. Loulou et Cie, 2017, 9,70€
Album cartonné, 19x19, pour les tout petits
Le Père Noël tient à faire plaisir à TOUS les enfants. Mais pendant sa tournée, il lui arrive de ne plus avoir le cadeau souhaité. Alors il se débrouille avec les moyens du bord et bricole des jouets avec ses vêtements. Voilà qu'il se retrouve bientôt en caleçon ! Heureusement, la girafe lui donne un déguisement qui lui tiendra chaud ...
Une histoire avec une fin inattendue et pleine d'humour, une jolie occasion de rire avec les tout-petits.
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La servante écarlate de Margaret Atwood

Trad Sylviane Rué, Pavillons poche, Robert Laffont, 1987 /2017
Devant la chute impressionnante de la fécondité due à la pollution de l'environnement, une secte religieuse prend le pouvoir dans un état américain et instaure la "République de Gilead" ... qui n'a plus rien d'une république !
Interdiction de travailler pour les femmes, perte de leurs comptes en banque, dépendance totale aux hommes et priorité à la procréation pour celles qui sont encore fécondes. Voilà le prix à payer pour le sexe féminin, victime éternelle des situations de crise. Qu'on se rappelle la citation de Simone de Beauvoir : "N'oubliez jamais qu'il suffira d'une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant."
June qui a une petite fille de 4 ans essaie de s'enfuir, avec son mari. Mais ils sont interceptés et séparés lorsqu'ils essaient de passer dans l'état voisin.
June est féconde et son parcours commence dans un centre de rééducation où Lydia, la directrice, dresse les femmes à l'obéissance et prêche la bonne parole à coup de taser. Leur rôle se borne à procréer, quand elles le peuvent, et elles doivent se destiner uniquement à cela, tant qu'elles sont en âge.
Celles qui sont stériles ou trop âgées, servent comme employées de maison ou aux basses besognes.
Puis June se voit mise à disposition d'un haut dignitaire du régime, un général dont la femme est stérile. Rebaptisée Defred, du prénom du général, Fred, elle est soumise à la loi de ce couple et chaque mois, en période de fécondité, a un rapport sexuel codifié, en présence de l'épouse.
Tout un programme, ici on n'a d'activité sexuelle que pour procréer, oubliés l'amour, le désir, la liberté de choisir ... Retour à la case départ, la case de la femme soumise par la religion.
Mais au fond d'elle, June résiste, de toutes ses forces et elle n'est pas seule.
Le roman prend la forme d'un journal où l'héroïne raconte son quotidien, où elle se remémore le passé sous forme de flash backs, où elle fait part de sa réflexion, de son analyse de la situation.
Margaret Atwood n'a rien inventé : le système répressif mis en place dans la république de Gilead est directement inspiré de ce qui se passe dans le monde, actuellement et c'est bien ce qui est glaçant, ce réalisme qui à chaque page nous évoque ce que nous connaissons déjà ...
Ce roman a donné lieu à une adaptation en série, avec pour interprète principale Elisabeth Moss, remarquable. Très proche du roman, la série est fascinante.
A lire absolument
Un coup de cœur !
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jeudi 4 janvier 2018

Chamour et tous ceux qui nous manquent de Emilie Vast

Editions Memo, 2016, 13€
Mélancolie poétique !
Chamour n'est plus là. E. Vast décrit tendrement les petites choses qui faisaient le quotidien de sa chatte : comment elle chassait, comment elle se réchauffait sur le radiateur, comment elle se léchait longuement ...
Du texte délicat et des dessins sobres émane une harmonie qui imprègne tout le livre. L'album s'égaie parfois en quelques notes teintées d'humour et on s'abandonne vite à une douce mélancolie qui évoque bien le souvenir de Chamour.
Couleurs apaisantes, détails amusants nous rappellent que “à jamais, elle visitera mes rêves et habitera mon cœur”.
Au delà de l'animal, on sent bien que l'album s'adresse avec délicatesse à tous ceux, petits ou grands, qui ont perdu un être cher dont le souvenir leur restera à jamais. Une façon délicate d'approcher la notion de disparition et de mort avec les tout-petits.
dès 4 ans
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Animaux surprise de Gilbert Legrand

Sarbacane, 2015, 13,90€
L'imagination au pouvoir !
Fantaisie et créativité s'expriment à chaque page de ce petit album cartonné qui s'adresse en priorité aux tout-petits.
La page de gauche affiche un objet du quotidien tandis que sous le rabat de la page de droite se cache le même objet transfiguré en animal par la magie de la peinture, du découpage ou d'un accessoire. Parfois astucieuse, rarement d'une simplicité évidente, la transformation invite au jeu : deviner ce que devient l'objet initial. La tâche n'est pas toujours facile mais l'album fera assurément parler, émettre des hypothèses et surtout rire. G. Legrand, en faisant naitre un bestiaire original et malicieux, permet aux enfants et aux parents de passer un bon moment ensemble, sans limite d'âge !
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samedi 19 août 2017

La tête hors de l'eau de Dan Fante

Ed. Points, 2000/2017, 209 p., 6€50
Bruno hésite entre vie déglinguée avec drogue et alcool à gogo et la survie en milieu ordinaire.
De petits boulots en petits boulots, il échoue et fait merveille dans une entreprise de fournitures de bureau. Il a été recruté par un ancien des AAA qui croit dur comme fer aux vertus du travail acharné.
Mais c'est compter sans la très belle Jimmi aux yeux bleus qui lui font complètement perdre la tête ...
Mélange d'autobiographie et de fiction, à quel degré ? Tout ce qui tourne autour de l'addiction à l'alcool est criant de vérité, connaissant la vie de l'auteur et de sa famille ...
Ce roman ressemble à un cri vital, désespéré mais plein de désir de vivre qui malgré les turpitudes du héros pitoyable, le rend terriblement humain.
Franchement, j'ai été dégoutée par certains passages, la façon dont les personnages se considèrent et se parlent mais le roman reste un parfait constat des ravages de la dépendance à l'alcool.
A lire !
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Une journée dans la vie d'une femme souriante de Margaret Drabble

LDP, 2011, 348 p., 7€30
Recueil de nouvelles ciselées dont les héroïnes, de tous âges et de milieu plutôt bourgeois, font preuve d'une remarquable envie de vivre et se débrouillent comme elles peuvent avec leurs problèmes.
Une vision féminine des femmes : nos qualités mises au service de la survie en terrain généralement hostile, un certain pragmatisme salvateur  ;o)
Un style d'une précision parfois un peu étouffante mais toujours juste. Au moment où on commence à se lasser des descriptions somptueuses de la nature, arrive un rebondissement salutaire,  ouf !
Je me suis régalée !
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La daronne de Hannelore Cayre

Ed. Métailié noir, 2017, 171 p., 17€
A cinquante trois ans, Patience est revenue de tout. On dit généralement qu'elle a mauvais caractère mais elle prétend que les gens l'énervent parce qu'ils ne l'intéressent pas, tout simplement.
A part ça, elle est interprète auprès des services des stups à Paris, elle parle arabe couramment vu qu'elle a été entièrement élevée par un marocain, employé de ses parents. Drôle de famille : père dans des business louches et lucratifs, mère au foyer qui ne s'est jamais intéressée à autre chose qu'elle même et a négligé ses enfants.
Patience a deux filles, adultes, qu'elle a élevées seule et souhaite les aider, ce que n'a pas fait sa propre mère avec elle.
Problème : elle gagne trop peu et s'estime sous payée par la police.
Alors, dès que l'occasion se présente au cours de ses traductions, elle n'hésite pas à utiliser ses compétences pour s'indemniser et se lance dans des affaires ... juteuses ! Et devient la Daronne.
Beaucoup d'humour ironique et au second degré pour ce roman marrant qui parlera à toutes les femmes autour et après la cinquantaine.
Un bon polar pour l'été.
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L'archipel d'une autre vie de Andrei Makine

Seuil, 2016, 281 p., 18€
Laissez vous emporter par la magie de cette histoire et le style magnifique d'Andrei Makine !
Makine nous entraîne dans son univers fait de taïga, de survie, de sentiments nobles et ignobles, de temps troubles et de destins contrariés.
C'est un grand récit qu'il nous offre même si les 281 pages paraissent bien courtes au lecteur.
Le héros, orphelin en apprentissage, rencontre un homme énigmatique qu'il suit habilement dans la taÏga. Celui-ci, attentif au jeune être en devenir, va lui raconter sa vie et au fil du récit, l'aider à se construire et lui apprendre à survivre dans ce milieu hostile mais magnifique.
Récit initiatique mâtiné d'éléments autobiographiques, Makine nous balade en pleine nature et nous raconte son pays natal avec amour et horreur.
Un coup de cœur ! A lire absolument !
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Le prince des marées de Pat Conroy

Trad. F. Cartano, Pocket, 1986, 1069 p.
Mille soixante neuf pages ! Ouf, mais 1069 pages bourrées d'esprit, d'aventure, d'humanité.
1069 pages qui vous embarquent en Caroline du Sud et vous y laissent mariner dans un mélange complexe d'amour, de haine, d'humour, de tristesse, d'injustice, de bataille ... La vie qui bat, la vie qui va, à avaler d'une traite.
Tom, Luke et Savannah sont les 3 rejetons de la famille Wingo, père pêcheur de crevettes, mère plus jolie femme du comté. Entre un grand père confit en dévotion et une grand mère partie faire le tour du monde et revenue sur le tard, entre un père violent et une mère manipulatrice de haut vol, les enfants se serrent les coudes et poussent comme ils peuvent, se servant de leur intelligence.
En toutes circonstances, reste cet indissoluble amour qui les lie et leur permet de survivre.
Et il y a les marais, l'océan, la nature, la forêt et ses animaux qui les fascinent et leur offrent abri et échappatoire.
Après plusieurs tentatives de suicides, Savannah est internée à New York où elle a déjà publié plusieurs recueils de poèmes, encensés par la critique. Tom, son jumeau, en pleine crise conjugale, vient la voir et l'aider. Il décide de voir sa psychiatre et entre le Dr Lowenstein et Tom se crée un lien tant amoureux que professionnel : Tom raconte leur enfance en Caroline du Sud et éclaire le médecin sur Savannah.
Il y a l'ambiance lourde de la Caroline du Sud, sa tradition sudiste, raciste et son mépris des pauvres.
Il y a de beaux morceaux de bravoure où les enfants Wingo s'illustrent : le sauvetage du marsoin blanc, la défense de Benji, le premier élève noir de leur école, la punition de la famille Newbury qui a humilié leur mère et Tom ...
Et en toile de fond, il y a l'écologie, la psychanalyse, la transgression des traditions, le pacifisme, le courage de s'opposer au plus grand nombre. Des thèmes universels qui font vibrer le lecteur.
Et par dessus tout, il y a ce style inimitable fait d'une ironie ravageuse mais jamais malveillante, d'autodérision tendre et d'analyse des rapports humains.
Difficile d'embrayer sur une autre lecture, toutes paraissent bien fades ...
Un film a été tiré du roman, avec Barbara Streisand et Nick Nolte. Visionnage bientôt.
Un grand coup de cœur.
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Le ventre de l'Atlantique de Fatou Diomé

Livre de poche, 2003, 254 p., 6,00€
Salie vit en France, elle y écrit mais son pays d'origine est le Sénégal.
De naissance hors mariage, c'est sa grand mère qui l'a élevée car sa mère a pu se remarier. La honte aussi existe au Sénégal ...
A travers ce personnage qui lui doit tant, l'auteure raconte avec beaucoup d'humour ce que la France, pays adoré des Sénégalais, représente pour eux. Combien ne pas faire fortune quand on s'y exile est humiliant et comment tout ceux qui en reviennent ponctuellement ou définitivement, se doivent de partager avec ceux restés au pays leurs "richesses". Que ces richesses soient illusoires (tant ceux qui souffrent en exil et gagnent peu sont nombreux) ou qu'elles aient été mal acquises ...
A travers l'évocation de la passion des sénégalais pour le football, elle passe au crible injustices, humiliations, pillages de richesse que la glorieuse France a infligé et continue à infliger au Sénégal ...
Avec un regard tendre mais critique sur son pays et ses habitants, sur la place de la femme.
Un grand passage sur la description de la polygamie, beaucoup d'humour pour beaucoup de souffrance.
A lire absolument.
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Petit Pays de Gaël Faye

Editions Grasset, 2016, 215 p., 18€
Les souvenirs d'enfance transmettent toujours un peu de l'enthousiasme, de la fraicheur et de l'émerveillement devant le monde de leur auteur à cette période de sa vie. Et pour cela, ils nous ravissent et nous émeuvent.
Petit Pays n'échappe pas à la règle car même si le récit n'est pas autobiographique, il s'inspire largement de l'enfance de l'auteur.
Pour Gabriel, au même moment s'effondrent sa famille et le pays dans lequel il vit.
Réfugiée rwandaise, arrivée au Burundi en 63, Yvonne, sa mère, veut partir en France pour trouver une sécurité qui commence à se désagréger inexorablement au fur et à mesure que les tensions entre Tutsi et Hutu s'aggravent.
Entre son père français, Michel, qui refuse de parler politique et de voir la situation en face et sa mère dont l'angoisse monte, Gabriel sait bien que la séparation sera inévitable mais lorsque, après une dispute plus sévère que d'habitude, sa mère quitte la maison familiale, les laissant sa sœur Ana et lui avec leur père, son monde s'écroule.
Il se réfugie auprès des copains, dans le havre de bonheur d'une nature accueillante où personne ne les surveille ... et s'immerge dans les livres qu'une vieille voisine grecque, Mme Economopoulos lui fournit.

... "Au temps du bonheur, si on me demandait "Comment ça va ?" je répondais toujours "ça va". Du tac au tac. Le bonheur, ça t'évite de réfléchir. C'est par la suite que je me suis mis à considérer la question. A soupeser le pour et le contre. A esquiver, à opiner vaguement du chef. D'ailleurs, tout le pays s'y était mis. Les gens ne répondaient plus que par "ça va un peu". Parce que la vie ne pouvait plus aller complètement bien après tout ce qui nous était arrivé." ...

Les vicissitudes de l'amitié entre enfants, l'ennui pendant les vacance, les escapades, le rituel de l'école se mêlent aux paroles des adultes qui traduisent la situation précaire, la haine mais aussi aux descriptions des habitudes locales, des paysages magnifiques, des détails du quotidien. L'horreur du génocide des Tutsis rattrape petit à petit l'enfant, touchant ses proches tandis que les disputes gagnent le petit groupe d'amis ...
De père français et de mère rwandaise, Gabriel, "le petit cul blanc", ne se sent finalement accepté par aucun bord et c'est bien d'identité, de souffrance, d'amour de son pays et des gens qui y vivent que parle le roman ...
Un très beau livre qui s'inscrit en parallèle avec ceux de S. Mukasonga. Un prix Goncourt des lycéens bien mérité, comme d'habitude !
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Le fils de l'Ursari de Xavier-Laurent Petit

coll. Medium, 269 p., 2016, 15,80€
Ciprian est le fils d'un montreur d'ours, tsigane. Sa famille harcelée par la police doit fuir d'Europe Centrale et se réfugie à Paris. Dans le bidonville, chacun doit trouver un "métier"pour payer celui qui le rançonne : mendiant, ferrailleur ou "emprunteur" de portefeuilles. Et un jour, au jardin du Luxembourg, Ciprian découvre les échecs, un jeu qui va bouleverser sa vie.
Une description sans mièvrerie, sans bons sentiments dégoulinants et sans angélisme. Les tsiganes sont comme ils sont, pas toujours recommandables, pas toujours généreux mais ils ont leur code d'honneur et ils sont des hommes.
Connaitre les différences ce n'est pas forcément les accepter mais c'est déjà faire un pas vers l'autre.
Il faut aborder le roman sous cet angle de vue.
Très agréable à lire.
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Le gang des rêves de Luca Di Fulvio

trad. Elsa Damien, Slatkine et Cie, 2016, 715 p.
L'histoire de Christmas, enfant du Lower East Side populaire de la fin du 19e siècle aux Etats Unis, commence avec celle de sa mère, Cetta. Malgré la protection de sa propre mère, Cetta qui est très jolie, se fait violer par un riche propriétaire terrien. Enceinte, elle doit quitter l'Italie et s'exiler pour éviter la honte. Elle débarque à New York en suivant l'itinéraire habituel des immigrants. Recrutée pour un bordel, elle est logée avec son enfant chez un vieux couple dont le fils a été assassiné. Saul, responsable du lieu où elle travaille et secrètement amoureux d'elle, ainsi que le vieux couple prennent soin de la très jeune mère et de Christmas qui grandira dans une vraie famille, entouré d'affection. Un jour, il découvre dans la rue une jeune fille, Ruth, qui vient d'être violée et tabassée et l'aide. Cetta explique à sa façon à son fils qu'il faut respecter les femmes ... Une relation difficile mais empreinte d'affection nait entre Ruth, fille d'une riche famille et Christmas.
Au fil des années, Christmas développe sa vive intelligence et fait montre de qualités de débrouillardise exceptionnelles mais aussi d'un don pour inventer et raconter des histoires. Devenu adolescent, il doit choisir sa voie : celle de la rue et des gangsters parmi lesquels il vit ou celle de l'honnêteté et d'une vie avec Ruth ?
Le lecteur se laisse emporter par ce récit mouvementé où tous les ingrédients nécessaires sont rassemblés pour une belle  histoire romantique sur fond de réalité sociale et de racisme anti noir, un amour entre une jeune fille riche et un jeune des bas fonds au cœur généreux ... Mais hélas, trop de dénouements convenus, déjà vus, attendus et une psychologie un peu superficielle gâchent le plaisir de la lecture. Si on finit le roman sans problème, on en connait à l'avance la chute et c'est sans surprise que tout se déroule sous les yeux du lecteur.
Visiblement écrites pour servir de scénario de film, les scènes se déroulent comme un long fleuve trop tranquille ... on est loin du magnifique "Il était une fois l'Amérique" de Sergio Leone, de sa profondeur humaine et du beau personnage de Noodle, joué par un Robert De Niro à la personnalité complexe.
Paradoxalement, l'élément le plus intéressant du roman reste la naissance d'une radio libre dans un quartier de noirs pauvres. Ces derniers vivent comme une revanche cette réalisation pleine de fantaisie et de génie technique grâce aux moyens du bord. Il nous rappelle qu'il y eut une période où les médias n'envahissaient pas encore notre quotidien. Bien sur, la radio sera rachetée par un grand groupe, réalisme oblige.
Dommage, il ne manquait pas grand chose. Reste le plaisir de se laisser aller à une lecture aux idées généreuses sinon originales, qui ne demande pas trop d'analyse et vous embarque quand même !
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